Ledroit d’asile est garanti dans le respect des rĂšgles de la convention de GenĂšve du 28 juillet 1951 et du protocole du 31 janvier 1967 relatifs au statut des rĂ©fugiĂ©s et conformĂ©ment au traitĂ© instituant la CommunautĂ© europĂ©enne. Charte europĂ©enne des droits fondamentaux DiffusĂ© sur 3 Article 19 Protection en cas Larticle 52, paragraphe 1, de la charte dĂ©finit les conditions de recevabilitĂ© des limitations Ă  l’exercice des droits fondamentaux de la charte: «Toute limitation de l’exercice des droits et libertĂ©s reconnus par la prĂ©sente Charte doit ĂȘtre prĂ©vue par la loi et respecter le contenu essentiel desdits droits et libertĂ©s. Dans le respect du principe de Pourmieux comprendre cette distinction entre des droits et des principes, l’article 52, paragraphe 7 fait rĂ©fĂ©rence aux Explications relatives Ă  la Charte des droits fondamentaux publiĂ©es le 14 dĂ©cembre 2007 au JO de l’Union europĂ©enne qui n’ont pas en soi de valeur juridique mais sont des outils d’interprĂ©tation destinĂ©s Ă  Ă©clairer les larticle 52, paragraphe 3, de la Charte, le mĂȘme sens et la mĂȘme portĂ©e. Il en rĂ©sulte que les limitations qui peuvent lĂ©gitimement leur ĂȘtre apportĂ©es ne peuvent excĂ©der les limites permises par la CEDH dans le libellĂ© mĂȘme de l'article 5: «1. Toute personne a droit Ă  la libertĂ© et Ă  la sĂ»retĂ©. Laquestion des rapports de la Charte avec d’autres instruments de protection des droits de l’homme, au travers du mĂ©canisme des droits. correspondants de l’article 52 § 3 mais aussi de l’article 53 qui ouvre la possibilitĂ© d’une interprĂ©tation de la Charte au regard d’autres instruments internationaux, pourra Ă©galement ĂȘtre Articles Le 29 mai, l’Afrique aussi nous regardera 27 mai 2005, par Safia; Ce que change la Constitution europĂ©enne. 24 avril 2005, par Francis MER, PrĂ©sident de la Fondation pour l’innovation politique; la Charte des droits fondamentaux. 9 mai 2005, par Annette Ardisson, StĂ©phane Paoli; Petit guide Ă  l’usage du « OUI » 15 mai 2005 LaCommission a pour mission de veiller au respect des principes Ă©noncĂ©s dans la prĂ©sente Charte ainsi qu’à la protection de l’intĂ©rĂȘt de l’enfant et au respect des droits qui lui sont reconnus par la Loi sur la protection de la jeunesse (chapitre P-34.1); Ă  ces fins, elle exerce les fonctions et les pouvoirs que lui attribuent cette Charte et cette loi. rĂ©fĂ©renceĂ  la Charte des droits fondamentaux, ce qui la rend, dans cette mesure, obligatoire pour la Suisse. Tel est le cas s'agissant de la directive 2008/15 (directive sur le retour), dont le considĂ©rant 24 se rĂ©fĂšre Ă  la Charte des droits fondamentaux de l'Union europĂ©enne (voir Ă©galement art. 1 et 8). Ceci signifie Ă  mon avis (en ReplierPartie rĂ©glementaire (Articles R110-1 Ă  R442-7). Replier Livre IV : L'usage des voies. (Articles R411-1 Ă  R442-7) Replier Titre Ier : Dispositions gĂ©nĂ©rales. (Articles R411-1 Ă  R419-2) Replier Chapitre II : Conduite des vĂ©hicules et circulation des piĂ©tons (Articles R412-1 Ă  R412-52). DĂ©plier Section 8 : Troubles Ă  la circulation. . LaConvention chargĂ©e d’élaborer la Charte des droits fondamentaux de l’Union europĂ©enne a achevĂ© ses travaux et en a prĂ©sentĂ© le rĂ©sultat le 2 octobre. Le texte issu de ses dĂ©libĂ©rations devrait ĂȘtre soumis au Conseil europĂ©en de Biarritz (13 et 14 octobre 2000), avant d’ĂȘtre adoptĂ© par le Conseil europĂ©en de Nice, les 6 et 7 dĂ©cembre. Sans VDFkr. par Henri Labayle, CDRE C’est par deux grandes dĂ©cisions que la Cour de justice aura marquĂ© de son empreinte le droit de la protection des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel. Rendus le mĂȘme jour en grande chambre, le 8 avril 2014, ces deux arrĂȘts mĂ©ritent d’ĂȘtre rapprochĂ©s ils tĂ©moignent Ă  tous Ă©gards de la volontĂ© de la Cour de marquer un coup d’arrĂȘt en assumant pleinement ses responsabilitĂ©s de juge des droits fondamentaux. Le premier d’entre eux pouvait paraĂźtre anecdotique par ses circonstances, sinon par son contexte. Frappant un Etat membre, sa dĂ©cision Commission c. Hongrie C 288/12 lui permet cependant de rappeler la nĂ©cessaire indĂ©pendance de ceux qui, dans les Etats membres, veillent au respect de la directive 95/46 relative Ă  la protection des donnĂ©es. Le second, Ă©clatant et retenant Ă  ce titre l’attention de tous, la conduit Ă  prononcer de maniĂšre inusitĂ©e par sa gĂ©nĂ©ralitĂ© l’invaliditĂ© de la directive 2006/24 relative Ă  la conservation des donnĂ©es, dans les affaires jointes Digital Rights Ireland C 293/12 et Seitlinger C-594/12. CalĂ©e sur son office de protection des droits fondamentaux, prenant pour rĂ©fĂ©rence quasi-exclusive la Charte des droits fondamentaux et pour mĂ©thode de raisonnement celle qui est de mise Ă  Strasbourg, la Cour de justice s’avĂšre alors un garant rĂ©solu des droits individuels. 1 – De la nĂ©cessaire indĂ©pendance des organes nationaux de protection des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel Le premier ministre Viktor Orban n’a guĂšre eu le temps de savourer sa victoire aux lĂ©gislatives, deux jours avant l’arrĂȘt de la Cour. Celles-ci Ă©taient observĂ©es avec attention en Europe, au vu de la tendance fĂącheuse des autoritĂ©s hongroises Ă  prendre l’Union et ses valeurs pour un paillasson » ainsi que Daniel Cohn Bendit l’avait vertement indiquĂ© Ă  Viktor Orban au Parlement europĂ©en en janvier 2012. Parmi les mesures reprochĂ©es au rĂ©gime hongrois en matiĂšre de droits fondamentaux voir le rapport Ruiz Tavares A7-02292013 au Parlement europĂ©en, de sa modification constitutionnelle Ă  ses atteintes Ă  l’indĂ©pendance des juges, sa dĂ©cision de mettre brutalement fin aux fonctions du commissaire hongrois Ă  la protection des donnĂ©es Ă©tait passĂ©e relativement inaperçue des non spĂ©cialistes. Avec le Parlement, la Commission en avait fait cependant l’un des griefs justifiant l’engagement de trois procĂ©dures en constatation de manquement en mars 2012. La Cour avait donc Ă  en connaĂźtre. Les faits ne prĂȘtaient guĂšre Ă  discussion la directive 95/46 sur la protection des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel fait obligation aux Etats membres de dĂ©signer une ou plusieurs autoritĂ©s chargĂ©es de veiller Ă  son respect. Elle prĂ©cise dans son considĂ©rant 62 que l’institution, dans les États membres, d’autoritĂ©s de contrĂŽle exerçant en toute indĂ©pendance leurs fonctions est un Ă©lĂ©ment essentiel de la protection des personnes Ă  l’égard du traitement des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel », ce que traduit son article 28 §1 en ces termes ces autoritĂ©s exercent en toute indĂ©pendance les missions dont elles sont investies ». En Hongrie, un commissaire Ă  la protection des donnĂ©es Ă©lu en 2008 pour une durĂ©e de six ans jouait ce rĂŽle. Au prĂ©texte de rĂ©former ce systĂšme, le Parlement hongrois avait dĂ©cidĂ© de remplacer cette institution par une nouvelle autoritĂ© chargĂ©e de la protection des donnĂ©es et de la libertĂ© de l’information, d’oĂč la cessation des fonctions du commissaire en question, M. Iori, et son remplacement pour un nouveau prĂ©sident de ladite autoritĂ©, pour neuf ans. AjoutĂ©e Ă  l’évidente ingĂ©rence de l’exĂ©cutif hongrois dans cette nouvelle autoritĂ©, cette cessation forcĂ©e du mandat du commissaire hongrois justifiait donc la saisine de la Cour de justice par la Commission, appuyĂ©e par le ContrĂŽleur europĂ©en de la protection des donnĂ©es. Sans remettre en cause le droit souverain de l’Etat hongrois de modifier sa lĂ©gislation interne et son systĂšme de contrĂŽle de la protection des donnĂ©es, la Commission refusait Ă  la fois d’avaliser le fait que cette rĂ©forme aboutisse Ă  la cessation du commissaire en poste mais aussi qu’elle puisse ne pas garantir l’indĂ©pendance totale de l’autoritĂ© exerçant ce contrĂŽle. Celle-ci va au-delĂ  de la simple indĂ©pendance fonctionnelle et prohibe toute forme de sujĂ©tion, qu’elle soit de nature institutionnelle, personnelle ou matĂ©rielle. La jurisprudence a du reste eu l’occasion de trancher la question sur ce point CJUE, 9 mars 2010, Commission c. Allemagne, C-518/07; 16 octobre 2012, Commission c. Autriche, C-614/10, particuliĂšrement attentive Ă  la condition d’un exercice des fonctions en toute » indĂ©pendance, figurant dans la directive 95/46. L’affaire Ă©tait jugĂ©e suffisamment sĂ©rieuse pour que l’avocat gĂ©nĂ©ral Melchior Wathelet, dans ses conclusions, ajoute qu’un arrĂȘt de la Cour constatant le manquement dans la prĂ©sente affaire aurait une trĂšs grande importance non seulement pour les autoritĂ©s créées en application de l’article 28 §1 de la directive, mais aussi pour toute autre autoritĂ© indĂ©pendante instaurĂ©e en application du droit de l’Union. En assurant ces autoritĂ©s indĂ©pendantes de l’inamovibilitĂ© de leur mandat jusqu’à l’échĂ©ance prĂ©vue, sauf raisons graves préétablies par la loi et objectivement vĂ©rifiables, cet arrĂȘt aurait pour effet de limiter considĂ©rablement le risque nuisible d’obĂ©issance anticipĂ©e» Ă  des acteurs externes, publics ou privĂ©s. Un tel arrĂȘt Ă©carterait l’épĂ©e de DamoclĂšs» que reprĂ©sente le risque paralysant de cessation anticipĂ©e de leur mandat » point 83. C’est bien ainsi que la Cour l’entend, manifestement. A titre liminaire », et outre la directive, elle relie expressĂ©ment et trĂšs utilement l’exigence d’un contrĂŽle par une autoritĂ© indĂ©pendante du respect des rĂšgles de l’Union relatives Ă  la protection des personnes physiques Ă  l’égard du traitement des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel au droit primaire de l’Union et plus particuliĂšrement Ă  l’article 8 §3 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union europĂ©enne et de l’article 16 §2 TFUE. On conçoit alors qu’elle fasse de cette exigence un Ă©lĂ©ment essentiel » de ce droit Ă  la protection. Elle a dĂ©jĂ  jugĂ© dans les affaires prĂ©citĂ©es que le seul risque que les autoritĂ©s de tutelle de l’État puissent exercer une influence politique sur les dĂ©cisions des autoritĂ©s de contrĂŽle suffit pour entraver l’exercice indĂ©pendant des missions de celles-ci. En effet, d’une part, il pourrait en rĂ©sulter une obĂ©issance anticipĂ©e» de ces autoritĂ©s eu Ă©gard Ă  la pratique dĂ©cisionnelle de l’autoritĂ© de tutelle et, d’autre part, considĂ©rant le rĂŽle de gardiennes du droit Ă  la vie privĂ©e qu’assument les autoritĂ©s de contrĂŽle » point 53, leurs dĂ©cisions comme elles-mĂȘmes doivent ĂȘtre au-dessus de tout soupçon de partialitĂ©. Il restait Ă  cerner l’étendue de l’obligation pesant sur les Etats membres concernant le respect de la durĂ©e du mandat de ces autoritĂ©s jusqu’à leur terme. Elle ne s’y dĂ©robe pas. Leur accorder le droit de mettre fin au mandat d’une autoritĂ© de contrĂŽle avant son terme sans respecter les rĂšgles et les garanties préétablies Ă  cette fin par la lĂ©gislation applicable constituerait, de son point de vue une menace potentielle qui planerait alors sur cette autoritĂ© tout au long de l’exercice de son mandat » et pourrait conduire Ă  une forme d’obĂ©issance de celle-ci au pouvoir politique, incompatible avec ladite exigence d’indĂ©pendance. Que la fin anticipĂ©e du mandat rĂ©sulte d’une restructuration ou d’un changement de modĂšle n’y changerait rien. Elle dĂ©livre alors son interprĂ©tation l’exigence d’indĂ©pendance mentionnĂ©e par la directive 95/46 doit ĂȘtre nĂ©cessairement ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme incluant l’obligation de respecter la durĂ©e du mandat des autoritĂ©s de contrĂŽle jusqu’à son Ă©chĂ©ance et de n’y mettre fin de maniĂšre anticipĂ©e que dans le respect des rĂšgles et des garanties de la lĂ©gislation applicable » point 55. Le droit de l’Union en pouvait raisonnablement ĂȘtre compris comme autorisant la Hongrie Ă  adopter un comportement diffĂ©rent. D’oĂč la constatation du manquement commis par les autoritĂ©s hongroises Ă  leurs obligations, que la Cour de justice n’accepte pas d’attĂ©nuer en faisant droit Ă  la demande la Hongrie de limiter dans le temps les effets de son arrĂȘt. 2 – De la proportionnalitĂ© de l’ingĂ©rence des pouvoirs publics dans la conservation des donnĂ©es L’arrĂȘt rendu dans les affaires jointes Digital Rights Ireland et Seitlinger C-293/12 et 594/12 est d’une importance plus grande encore. Par la radicalitĂ© de la solution de la Cour, l’invalidation entiĂšre d’une directive, comme par le raisonnement menĂ© pour y parvenir et par l’impact de sa solution sur les pratiques nationales, il doit ĂȘtre saluĂ©. A une question de principe, la Cour apporte sans se dĂ©rober une rĂ©ponse de mĂȘme nature. Une question de principe C’est par la voie prĂ©judicielle que la High Court Irlandaise, d’une part, et la Cour constitutionnelle autrichienne, d’autre part, interrogeaient la Cour de justice sur la validitĂ© de la directive 2006/24 sur la conservation des donnĂ©es gĂ©nĂ©rĂ©es ou traitĂ©es dans le cadre de la fourniture de services de communications Ă©lectroniques accessibles au public ou de rĂ©seaux publics de communications. La premiĂšre, Ă  l’occasion de litiges nationaux concernant son application tandis que l’autre devait trancher une sĂ©rie impressionnante de contestations prenant la forme de recours en constitutionnalitĂ© faisant suite Ă  la transposition de la directive en droit interne. Etait principalement en cause l’obligation faite aux opĂ©rateurs Ă©conomiques de collecter, conserver et rendre disponibles pendant un temps dĂ©terminĂ© un nombre considĂ©rable de donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel recueillies lors des communications individuelles dans l’ensemble de l’Union, ce afin de lutter contre des activitĂ©s criminelles graves. L’occasion Ă©tait rĂȘvĂ©e pour la Cour de justice de se prononcer sur les conditions dans lesquelles l’Union europĂ©enne peut juridiquement limiter l’exercice des droits fondamentaux, en l’espĂšce ceux du respect de la vie privĂ©e et de la protection des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel garantis par les articles 7 et 8 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union. L’article 52 §1 de cette derniĂšre reprend en effet la logique qui anime les droits conditionnels de la Convention europĂ©enne des droits de l’Homme en affirmant que toute limitation de l’exercice des droits et libertĂ©s reconnus par la prĂ©sente Charte doit ĂȘtre prĂ©vue par la loi et respecter le contenu essentiel desdits droits et libertĂ©s. Dans le respect du principe de proportionnalitĂ©, des limitations ne peuvent ĂȘtre apportĂ©es que si elles sont nĂ©cessaires et rĂ©pondent effectivement Ă  des objectifs d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral reconnus par l’Union ou au besoin de protection des droits et libertĂ©s d’autrui ». Les explications » accompagnant la Charte et son article 7, abondamment citĂ©es dans le prĂ©toire du Kirchberg, soulignent cet Ă©quilibre nĂ©cessaire. La Cour Ă©tait donc invitĂ©e Ă  ce calcul de proportionnalitĂ©, derriĂšre les questions des juges irlandais et autrichiens, pour Ă©valuer la validitĂ© de la directive 2006/24. Pour y parvenir, plusieurs clarifications Ă©taient nĂ©cessaires. DĂ©terminer la pertinence de l’invocation de la Charte en la matiĂšre Ă©tait la plus simple, tant il allait de soi que la collecte et la conservation par les autoritĂ©s nationales de donnĂ©es aussi sensibles pour la vie privĂ©e relevaient de son champ d’application. Cerner la fonctionnalitĂ© exacte de la directive 2006/24 posait en revanche une question plus sensible. On sait Ă  cet Ă©gard la propension grandissante des institutions, telles que la Commission par exemple Ă  propos de la migration ou de la justice, Ă  rĂ©duire le fonctionnement de l’Espace de libertĂ©, sĂ©curitĂ© et justice Ă  un prolongement du marchĂ© intĂ©rieur, accompagnĂ©e en cela par une doctrine ignorante de sa genĂšse et de sa charge politique. NĂ©gligeant celle-ci en mettant en avant une logique Ă©conomique, cette approche est contraire Ă  la rĂ©alitĂ© de l’Union comme au droit issu d’un traitĂ© qui garantit la sĂ©curitĂ© Ă  ses citoyens. L’avocat gĂ©nĂ©ral Cruz Villalon s’en faisait l’écho dans ses conclusions, multipliant les explications relatives Ă  la dualitĂ© fonctionnelle » de la directive 2006/24, adoptĂ©e dans l’objectif de protĂ©ger le bon fonctionnement du marchĂ© intĂ©rieur, de mettre un terme Ă  l’évolution hĂ©tĂ©rogĂšne des rĂ©glementations existantes, tout en y faisant obstacle pour le futur ». La Cour de justice, dans son arrĂȘt Irlande c. Parlement et Conseil de 2009 C-301/06, avait d’ailleurs expressĂ©ment rejetĂ© une contestation portant sur la base juridique de cette directive, l’article 95 TCE, prĂ©tendant que l’unique objectif de la directive Ă©tait en fait celui de la lutte contre le terrorisme rĂ©glĂ©e dans le titre VI du TUE de l’époque. La Cour de justice n’en reste pas Ă  cette lecture formelle et, de maniĂšre Ă©clatante, elle relie la problĂ©matique Ă  la politique de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure de l’Union europĂ©enne. Il lui fallait en effet, dans le premier terme de son raisonnement visant Ă  Ă©tablir la lĂ©galitĂ© de la directive, identifier l’existence d’un intĂ©rĂȘt public susceptible de justifier l’intervention de l’Union dans la vie privĂ©e des citoyens de l’Union c’est-Ă -dire vĂ©rifier que ces ingĂ©rences Ă©ventuelles rĂ©pondent effectivement Ă  des objectifs d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral reconnus par l’Union ou au besoin de protection des droits et libertĂ©s d’autrui, en vertu de l’article 52 §1 de la Charte. Sans dĂ©mentir ses affirmations prĂ©cĂ©dentes relatives au besoin d’harmonisation des droits nationaux en matiĂšre de conservation des donnĂ©es, elle y apporte nĂ©anmoins un bĂ©mol qui contraste avec sa jurisprudence pĂ©remptoire de 2009 l’objectif matĂ©riel de cette directive vise, ainsi qu’il dĂ©coule de son article 1er, paragraphe 1, Ă  garantir la disponibilitĂ© de ces donnĂ©es Ă  des fins de recherche, de dĂ©tection et de poursuite d’infractions graves telles qu’elles sont dĂ©finies par chaque État membre dans son droit interne. L’objectif matĂ©riel de cette directive est, dĂšs lors, de contribuer Ă  la lutte contre la criminalitĂ© grave et ainsi, en fin de compte, Ă  la sĂ©curitĂ© publique » point 41. Fermez le ban 
 On sait en effet depuis la jurisprudence Kadi que la lutte contre le terrorisme constitue un objectif d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral de l’Union » tout comme l’est la lutte contre la criminalitĂ© grave afin de garantir la sĂ©curitĂ© publique CJUE, Tsakouridis, C‑145/09. De façon intĂ©ressante, la Cour souligne ici du reste que l’article 6 de la Charte Ă©nonce le droit de toute personne non seulement Ă  la libertĂ©, mais Ă©galement Ă  la sĂ»retĂ© point 42. Apportant ainsi un fondement Ă  la politique sĂ©curitaire de l’Union, dans la logique du prĂ©ambule de son traitĂ© et des articles 3 §2 TUE et 67 §3 TFUE, la Cour n’avait plus alors qu’à Ă©valuer la proportionnalitĂ© de l’ingĂ©rence ainsi constatĂ©e. Une rĂ©ponse de principe Constater l’existence d’une ingĂ©rence dans les droits fondamentaux consacrĂ©s par les articles 7 et 8 de la Charte n’était guĂšre compliquĂ© et la Cour se livre sans difficultĂ© Ă  cet examen. Tant l’obligation de conservation des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel que l’accĂšs des autoritĂ©s nationales Ă  ces donnĂ©es ou leur traitement constituent une ingĂ©rence flagrante dans les droits fondamentaux des individus et la Cour souligne Ă  la suite de son avocat gĂ©nĂ©ral qu’elle s’avĂšre d’une vaste ampleur et qu’elle doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme particuliĂšrement grave » point 37. De plus, la conservation des donnĂ©es et l’utilisation ultĂ©rieure de celles-ci Ă©tant effectuĂ©es sans que l’abonnĂ© ou l’utilisateur inscrit en soient informĂ©s est susceptible de gĂ©nĂ©rer dans l’esprit des personnes concernĂ©es, ainsi que l’a relevĂ© M. l’avocat gĂ©nĂ©ral aux points 52 et 72 de ses conclusions, le sentiment que leur vie privĂ©e fait l’objet d’une surveillance constante ». La seule question posĂ©e consistait donc Ă  trancher le point de sa proportionnalitĂ©. Le contrĂŽle juridictionnel du principe de proportionnalitĂ© n’est pas Ă©tranger Ă  la Cour de justice, chacun le sait. NĂ©anmoins, et elle apprĂ©ciera ce coup de chapeau tardif, la Cour europĂ©enne des droits de l’Homme est passĂ©e maĂźtresse dans l’examen du jeu de la balance des intĂ©rĂȘts en prĂ©sence. C’est donc trĂšs heureusement que la Cour de justice se rĂ©fĂšre par analogie Ă  l’article 8 CEDH et Ă  la jurisprudence S. et Marper c. Royaume Uni, arrĂȘt fondateur s’il en est, pour signifier que l’étendue du pouvoir d’apprĂ©ciation du lĂ©gislateur de l’Union peut ĂȘtre strictement limitĂ©e en fonction d’un certain nombre d’élĂ©ments, parmi lesquels figurent, notamment, le domaine concernĂ©, la nature du droit en cause garanti par la Charte, la nature et la gravitĂ© de l’ingĂ©rence ainsi que la finalitĂ© de celle-ci. Elle dĂ©livre en fait ici sa grille de lecture. Certes, les donnĂ©es conservĂ©es en application de la directive 2006/24 permettent aux autoritĂ©s nationales compĂ©tentes en matiĂšre de poursuites pĂ©nales de disposer de possibilitĂ©s supplĂ©mentaires d’élucidation des infractions graves. Elles constituent donc un instrument utile pour les enquĂȘtes pĂ©nales et leur conservation de telles donnĂ©es peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme apte Ă  rĂ©aliser l’objectif poursuivi par ladite directive. Or, la lutte contre le terrorisme et la criminalitĂ© est d’une importance primordiale dont l’efficacitĂ© peut dĂ©pendre de l’utilisation de ces techniques modernes d’enquĂȘte. NĂ©anmoins, cet objectif d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, pour fondamental qu’il soit, ne saurait Ă  lui seul justifier qu’une mesure de conservation telle que celle instaurĂ©e par la directive 2006/24 soit considĂ©rĂ©e comme nĂ©cessaire aux fins de ladite lutte ». Prenant en considĂ©ration, d’une part, le rĂŽle important que joue la protection des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel au regard du droit fondamental au respect de la vie privĂ©e et, d’autre part, l’ampleur et de la gravitĂ© de l’ingĂ©rence dans ce droit que comporte la directive 2006/24, le pouvoir d’apprĂ©ciation du lĂ©gislateur de l’Union ne saurait qu’ĂȘtre rĂ©duit et il appelle un contrĂŽle juridictionnel strict. Mentionnant la jurisprudence de la CEDH, la CJUE souligne que la rĂ©glementation de l’Union en cause doit prĂ©voir des rĂšgles claires et prĂ©cises rĂ©gissant la portĂ©e et l’application de la mesure en cause et imposant un minimum d’exigences de sorte que les personnes dont les donnĂ©es ont Ă©tĂ© conservĂ©es disposent de garanties suffisantes permettant de protĂ©ger efficacement leurs donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel contre les risques d’abus ainsi que contre tout accĂšs et toute utilisation illicites de ces donnĂ©es ». Tel n’est manifestement pas le cas et la Cour parvient rapidement Ă  une conclusion cruelle la directive 2006/24 ne prĂ©voit pas de rĂšgles claires et prĂ©cises rĂ©gissant la portĂ©e de l’ingĂ©rence dans les droits fondamentaux consacrĂ©s aux articles 7 et 8 de la Charte. Force est donc de constater que cette directive comporte une ingĂ©rence dans ces droits fondamentaux d’une vaste ampleur et d’une gravitĂ© particuliĂšre dans l’ordre juridique de l’Union sans qu’une telle ingĂ©rence soit prĂ©cisĂ©ment encadrĂ©e par des dispositions permettant de garantir qu’elle est effectivement limitĂ©e au strict nĂ©cessaire ». Comment ne pas la suivre ? En premier lieu, la directive 2006/24 couvre de maniĂšre gĂ©nĂ©ralisĂ©e et indiffĂ©renciĂ©e l’ensemble des individus, des moyens de communication Ă©lectronique et des donnĂ©es relatives au trafic, indĂ©pendamment de son objectif de lutte contre les infractions graves. DeuxiĂšmement, la directive ne prĂ©voit aucun critĂšre objectif permettant de garantir que les autoritĂ©s nationales compĂ©tentes n’aient accĂšs aux donnĂ©es et ne puissent les utiliser qu’aux fins qui leur sont assignĂ©es. Elle renvoie de maniĂšre gĂ©nĂ©rale aux infractions graves » dĂ©finies par chaque État membre dans son droit interne, sans prĂ©cision procĂ©durale ni contrĂŽle prĂ©alable d’une juridiction ou d’une entitĂ© administrative indĂ©pendante. Pire, la durĂ©e de conservation des donnĂ©es est d’au moins six mois et de 24 mois au maximum, sans encadrement des catĂ©gories de donnĂ©es en fonction des personnes concernĂ©es ou de l’utilitĂ© Ă©ventuelle des donnĂ©es par rapport Ă  l’objectif poursuivi, ni critĂšre objectif ni protection contre une utilisation abusive. Enfin, et la prĂ©cision est de taille au regard des Ă©changes de donnĂ©es dans la lutte internationale contre la criminalitĂ©, la Cour met en cause le fait que la directive n’impose pas une conservation des donnĂ©es sur le territoire de l’Union. Ainsi, la directive ne garantit pas pleinement le contrĂŽle du respect des exigences de protection et de sĂ©curitĂ© par une autoritĂ© indĂ©pendante, comme cela est pourtant explicitement exigĂ© par la charte. Or, un tel contrĂŽle, effectuĂ© sur la base du droit de l’Union, constitue un Ă©lĂ©ment essentiel du respect de la protection des personnes Ă  l’égard du traitement des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel. Dans un tel contexte, l’invalidation de la directive 2006/24 coulait de source, au dĂ©tail prĂšs de son ampleur et de son effet dans le temps. La Cour de justice n’y va pas par quatre chemins, nĂ©gligeant toute opĂ©ration de chirurgie juridique visant Ă  sauvegarder certains pans de la lĂ©gislation ou la face de ses auteurs. Le texte est invalidĂ© dans son ensemble, crĂ©ant de ce fait un vide juridique considĂ©rable. A cela, la Cour aurait pu rĂ©pondre en suivant la suggestion de son avocat gĂ©nĂ©ral l’incitant Ă  faire usage de la facultĂ© que lui offre l’article 264 TFUE de limiter dans le temps les effets de sa dĂ©claration d’invaliditĂ©. Ce dernier faisait Ă©tat d’une prudence nĂ©cessaire la mise en balance des diffĂ©rents intĂ©rĂȘts en prĂ©sence doit faire l’objet d’une pondĂ©ration trĂšs attentive ». Si la violation des droits fondamentaux ne souffrait pas de doute, les invaliditĂ©s constatĂ©es relevaient d’un simple dĂ©faut d’encadrement et les États membres avaient de façon gĂ©nĂ©rale, ainsi qu’il ressort des Ă©lĂ©ments fournis Ă  la Cour, exercĂ© leurs compĂ©tences avec modĂ©ration pour ce qui est de la durĂ©e maximale de conservation des donnĂ©es » point 157. La Cour s’y refuse, invitant de la sorte les institutions de l’Union Ă  remĂ©dier au plus vite aux effets de leur inconsĂ©quence, terme faible s’il en est au vu des enjeux en cause. Filtrer par thĂšme Trier par Le droit du dommage corporel Christophe QuĂ©zel-Ambrunaz Juillet 2022 1657576800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les sociĂ©tĂ©s commerciales Michel Germain VĂ©ronique Magnier Juillet 2022 1657576800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Contentieux administratif Camille Broyelle Juin 2022 1656367200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit social de l'Union europĂ©enne Pierre RodiĂšre Juin 2022 1655762400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit international privĂ© et europĂ©en pratique notariale Mariel Revillard Mai 2022 1653948000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Guide pratique de procĂ©dure Ă  l'usage de l'avocat AliĂ©nor Kamara-Cavarroc Mai 2022 1653948000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Pratique de dĂ©fense pĂ©nale François Saint-Pierre Avril 2022 1649109600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Le droit des comitĂ©s sociaux et Ă©conomiques et des comitĂ©s de groupe CSE Laurent Milet Maurice Cohen Mars 2022 1647298800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des sociĂ©tĂ©s Paul Le Cannu Bruno Dondero Janvier 2022 1643065200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires DĂ©ontologie de la profession d'avocat Thierry Revet Julien Laurent BenoĂźt Chaffois Charles BoĂ«rio KĂ©vin Moya DĂ©cembre 2021 1638831600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des sĂ»retĂ©s Pierre Crocq Laurent AynĂšs Augustin AynĂšs Novembre 2021 1637622000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de la concurrence Georges Decocq AndrĂ© Decocq Octobre 2021 1635199200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de l'environnement et du dĂ©veloppement durable RaphaĂ«l Romi GaĂ«lle Audrain-Demey Blanche Lormeteau Octobre 2021 1634594400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des assurances Bernard Beignier Sonia Ben Hadj Yahia Octobre 2021 1633384800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit international et europĂ©en des sociĂ©tĂ©s Michel Menjucq Octobre 2021 1633384800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des biens Cyril Grimaldi Octobre 2021 1633384800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Solutions professionnelles notariales Michel Grimaldi Jean-François Sagaut Christophe VerniĂšres Adrien Verrecchia Octobre 2021 1633384800 Ajouter cet ouvrage 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ProcĂ©dure pĂ©nale Jacques Leroy Septembre 2021 1632175200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit constitutionnel Michel Troper Francis Hamon Septembre 2021 1631570400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit commercial Jacques Mestre Marie-Ève Pancrazi Nancy Vignal Isabelle Grossi Laure Merland Anne Sophie Mestre-Chami Septembre 2021 1631570400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit commercial Jacques Mestre Marie-Ève Pancrazi Nancy Vignal Isabelle Grossi Anne Sophie Mestre-Chami Joachim Wathelet Septembre 2021 1631570400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit du travail Paul-Henri Antonmattei Septembre 2021 1631570400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires ProcĂ©dure civile Natalie Fricero Septembre 2021 1630965600 Ajouter cet 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des affaires Sophie Nicinski AoĂ»t 2021 1630360800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit bancaire Thierry Bonneau AoĂ»t 2021 1630360800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit constitutionnel et institutions politiques Jean Gicquel Jean-Éric Gicquel AoĂ»t 2021 1630360800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des rĂ©gimes matrimoniaux Nathalie Peterka Philippe Malaurie Laurent AynĂšs AoĂ»t 2021 1630360800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des affaires Jean-Bernard Blaise Richard Desgorces AoĂ»t 2021 1630360800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des obligations Bertrand Fages AoĂ»t 2021 1629756000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit constitutionnel et institutions politiques Philippe Ardant Bertrand Mathieu AoĂ»t 2021 1629756000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des rĂ©gimes matrimoniaux RĂ©my Cabrillac AoĂ»t 2021 1629756000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des obligations Alain BĂ©nabent Juillet 2021 1626127200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les pactes d'affaires Jacques Mestre HervĂ© LĂ©cuyer Julia Heinich Juillet 2021 1626127200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Guide pratique de l'expertise de justice Jacques Lauvin Jean-Christophe Caron Mai 2021 1620684000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit du marchĂ© numĂ©rique Jean-Louis Fourgoux Linda Arcelin Janvier 2021 1610406000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de l'urbanisme et de la construction Jean-Bernard Auby Hugues PĂ©rinet-Marquet Rozen Noguellou DĂ©cembre 2020 1608591600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires La distribution d'assurance Jacques Moreau Jean Bigot Daniel LangĂ© Jean-Louis Respaud DĂ©cembre 2020 1608591600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires La publicitĂ© fonciĂšre StĂ©phane PiĂ©deliĂšvre Jacqueline PiĂ©deliĂšvre DĂ©cembre 2020 1606777200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit du travail Pierre-Yves Verkindt Françoise Favennec-Hery Octobre 2020 1602540000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Du droit commercial au droit Ă©conomique Louis Vogel Octobre 2020 1602540000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit europĂ©en de la concurrence Nicolas Petit Octobre 2020 1602540000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de la famille Alain BĂ©nabent Octobre 2020 1602540000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit du contentieux constitutionnel Dominique Rousseau Pierre-Yves Gahdoun Julien Bonnet Octobre 2020 1601935200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des entreprises en difficultĂ© Corinne Saint-Alary-Houin Marie-HĂ©lĂšne MonsĂšriĂ©-Bon Caroline Houin-Bressand Octobre 2020 1601935200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de la famille Philippe Malaurie Hugues Fulchiron Septembre 2020 1601330400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des personnes Nathalie Peterka Philippe Malaurie Septembre 2020 1600725600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de la propriĂ©tĂ© intellectuelle Nicolas Binctin Septembre 2020 1600725600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des obligations Philippe Stoffel-Munck Philippe Malaurie Laurent AynĂšs Septembre 2020 1600725600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit international privĂ© Marie-Laure Niboyet GĂ©raud Geouffre De La Pradelle Septembre 2020 1600725600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des successions et des libĂ©ralitĂ©s Claude Brenner Philippe Malaurie Septembre 2020 1599516000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit pĂ©nal gĂ©nĂ©ral Jacques Leroy Septembre 2020 1599516000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des contrats spĂ©ciaux Philippe Malaurie Laurent AynĂšs Pierre-Yves Gautier Septembre 2020 1599516000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit administratif Yves Gaudemet Septembre 2020 1598911200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit civil Gilles Goubeaux Pierre Voirin AoĂ»t 2020 1597096800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les rĂ©gimes patrimoniaux des couples en droit international privĂ©, europĂ©en et comparĂ© Mariel Revillard Juillet 2020 1594764000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Solutions professionnelles notariales Tome 3 OpĂ©rations de construction, environnement, droit rural Didier Krajeski Jean-Pierre Gilles Guillaume DaudrĂ© Guy Brault Juillet 2020 1594764000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les baux commerciaux Laurent Ruet Juin 2020 1591048800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Le statut des baux commerciaux Charles-Edouard Brault Jehan-Denis Barbier FĂ©vrier 2020 1582585200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit matĂ©riel de l'Union europĂ©enne Claude Blumann Louis Dubouis DĂ©cembre 2019 1576537200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires DĂ©ontologie notariale Jean-François Sagaut Mathias Latina DĂ©cembre 2019 1575932400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit judiciaire privĂ© Thierry Le Bars Karim Salhi Jacques HĂ©ron DĂ©cembre 2019 1575327600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les biens Jean-Louis Bergel Jean-Marc Roux Sylvie Cimamonti LaĂ«titia Tranchant Novembre 2019 1574722800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit administratif des biens Sabine Boussard Christophe Le Berre Novembre 2019 1573513200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit international privĂ© Pierre Mayer Vincent HeuzĂ© Benjamin Remy Novembre 2019 1572908400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de l'arbitrage interne et international Christophe Seraglini JĂ©rĂŽme Ortscheidt Novembre 2019 1572908400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de la distribution FrĂ©dĂ©ric Buy Jean-Christophe Roda Marie Lamoureux Octobre 2019 1570485600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les contrats immobiliers des collectivitĂ©s territoriales Jean-Yves Camoz Octobre 2019 1570485600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de la consommation JĂ©rĂŽme Julien Octobre 2019 1569880800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit commercial Françoise Dekeuwer-Defossez Édith Blary-ClĂ©ment Septembre 2019 1569276000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires ProcĂ©dures civiles d'exĂ©cution Jean-Jacques Ansault Septembre 2019 1568066400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les sociĂ©tĂ©s civiles immobiliĂšres Michel Storck Thibault De Ravel D'esclapon StĂ©phane Fagot Septembre 2019 1567461600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Guide des procĂ©dures collectives d'apurement du passif en droit Ohada Mamadou IsmaĂŻla KonatĂ© Juin 2019 1559599200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Introduction Ă  la rĂ©daction des actes judiciaires et juridiques Pascal CrĂ©hange Janvier 2019 1547506800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Introduction Ă  l'art de la plaidoirie Pascal CrĂ©hange Janvier 2019 1547506800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les contrats de consommation. RĂšgles communes Natacha Sauphanor-Brouillaud Carole Aubert De Vincelles Geoffray Brunaux Laurence Usunier DĂ©cembre 2018 1545087600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Dictionnaire du contrat Denis Mazeaud Romain Boffa Nathalie Blanc DĂ©cembre 2018 1545087600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les principales clauses des contrats d'affaires Jacques Mestre FrĂ©dĂ©ric Buy Jean-Christophe Roda Marie Lamoureux DĂ©cembre 2018 1545087600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires CompĂ©tence et exĂ©cution des jugements en Europe HĂ©lĂšne Gaudemet-Tallon Marie-Elodie Ancel DĂ©cembre 2018 1544482800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des assurances Muriel Chagny Louis Perdrix DĂ©cembre 2018 1543878000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit processuel gĂ©nĂ©ral Emmanuel Jeuland DĂ©cembre 2018 1543878000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires ProcĂ©dures de surendettement des particuliers et rĂ©tablissement personnel VĂ©ronique Bourgninaud Novembre 2018 1542063600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit public Ă©conomique Jean-Philippe Colson Pascale Idoux Octobre 2018 1538431200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit du commerce international Olivier Cachard Octobre 2018 1538431200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit international privĂ© Bernard Audit Louis D'avout Septembre 2018 1537826400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Guide pratique de procĂ©dure devant la Cour europĂ©enne des droits de l'homme Jean Luc Sauron Anna Stepanova-Ramade Septembre 2018 1536616800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Guide pratique de procĂ©dure devant les juridictions de l'ordre administratif Jean Luc Sauron Jenny Grand D'esnon Mathilde Janicot Septembre 2018 1536012000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit anglais des affaires CĂ©cile Le Gallou Simon Wesley AoĂ»t 2018 1535407200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires PrĂ©vention des difficultĂ©s des entreprises Corinne Saint-Alary-Houin Marie-HĂ©lĂšne MonsĂšriĂ©-Bon AoĂ»t 2018 1534802400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Le nouveau droit de l'arbitrage et de la mĂ©diation en Afrique Ohada Alain FĂ©nĂ©on Jean-Marie Tchakoua Narcisse Aka Juillet 2018 1531778400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Effets de commerce et entreprises en difficultĂ©s Philippe Delebecque Nicolas Binctin Lionel Andreu Juillet 2018 1530568800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires OpĂ©rations bancaires et contrats commerciaux Philippe Delebecque Nicolas Binctin Lionel Andreu Juillet 2018 1530568800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Le droit international de l'insolvabilitĂ© Marc SĂ©nĂ©chal Reinhard Dammann Juin 2018 1529964000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Le bĂ©nĂ©ficiaire effectif Alain Couret Bruno Dondero Mai 2018 1527544800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Guide pratique de procĂ©dure devant les juridictions de l'union europĂ©enne Jean Luc Sauron Maxime Hauviller Giulia Predonzani RaphaĂ«l Vuitton Fabien Zivy Mai 2018 1525212000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les promesses de vente et d'achat immobiliĂšres StĂ©phane PiĂ©deliĂšvre Jacqueline PiĂ©deliĂšvre Janvier 2018 1516662000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des sociĂ©tĂ©s en Afrique OHADA Alain FĂ©nĂ©on DĂ©cembre 2017 1513033200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Guide de l'administrateur de sociĂ©tĂ© anonyme en droit OHADA Alain FĂ©nĂ©on DĂ©cembre 2017 1513033200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de la distribution Nicolas Dissaux Romain Loir Octobre 2017 1509404400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires ComptabilitĂ© notariale Ludovic Leviaux Thierry Lasne Septembre 2017 1505772000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des rĂ©gimes matrimoniaux et du PACS Isabelle Dauriac Septembre 2017 1505167200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires La pratique du droit europĂ©en des sociĂ©tĂ©s Arnaud Lecourt Catherine Cathiard Mai 2017 1493762400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les baux commerciaux Laurent Ruet Mars 2017 1490050800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les assurances de dommages Jean Bigot JĂ©rĂŽme Kullmann Luc Mayaux Janvier 2017 1484607600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Le droit pĂ©trolier et minier en Afrique Thierry Lauriol Emilie Raynaud DĂ©cembre 2016 1482188400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit rural Didier Krajeski Octobre 2016 1477346400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les organismes de placement collectif Michel Storck Isabelle Riassetto AoĂ»t 2016 1471298400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires SAS - La sociĂ©tĂ© par actions simplifiĂ©e Michel Germain Pierre-Louis PĂ©rin Juillet 2016 1468274400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Le numĂ©rique au service du droit de l'OHADA et des États parties Thierry Piette-Coudol Juillet 2016 1468274400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit communautaire des affaires de la CEMAC Charles Mba Owono Avril 2016 1461016800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit des personnes Florence Bellivier Septembre 2015 1442872800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires L'arbitrage du commerce international Eric Loquin Juillet 2015 1436997600 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Entreprises en difficultĂ© Françoise PĂ©rochon DĂ©cembre 2014 1418684400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires OpĂ©rations d'urbanisme Emmanuel Vital-Durand Roland Vandermeeren Alexandre Gauthier Julien Sauve Lucie Pernet Octobre 2014 1414450800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Le contrat d'assurance Jean Bigot JĂ©rĂŽme Kullmann Luc Mayaux Vincent HeuzĂ© Katja Sontag Romain Schulz Septembre 2014 1411423200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Assurance-vie et gestion du patrimoine Michel Leroy Juin 2014 1403560800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit administratif des biens Yves Gaudemet FĂ©vrier 2014 1391468400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires La formation du contrat Jacques Ghestin GrĂ©goire Loiseau Yves-Marie Serinet Novembre 2013 1383606000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires La formation du contrat Jacques Ghestin GrĂ©goire Loiseau Yves-Marie Serinet Novembre 2013 1383606000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les servitudes Pierre Beauvarlet Septembre 2013 1378764000 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de la propriĂ©tĂ© industrielle JĂ©rĂŽme Passa Juin 2013 1370296800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les grandes dĂ©cisions de la question prioritaire de constitutionnalitĂ© Dominique Rousseau Bertrand Mathieu Pierre-Yves Gahdoun Anne-Laure Cassard-Valembois Janvier 2013 1358204400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires La question prioritaire de constitutionnalitĂ© Dominique Rousseau Louis Bore JĂ©rome Roux Bernard Hemery Pierre-Yves Gahdoun Arnaud Lizop David Levy Paul Cassia Avril 2012 1335218400 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Entreprises et organismes d'assurance Bernard Jadaud Jean-Louis Bellando Jacques Moreau Gilbert Parleani Jean Bigot SĂ©verine Cabrillac Mai 2011 1305583200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les contentieux immobiliers Jean-Louis Bergel Juillet 2010 1279576800 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Droit de la propriĂ©tĂ© industrielle JĂ©rĂŽme Passa Novembre 2009 1259017200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires Les assurances de personnes Jean Bigot JĂ©rĂŽme Kullmann Luc Mayaux Philippe Baillot Avril 2007 1175551200 Ajouter cet ouvrage Ă  mes favoris Contenu accessible avec vos crĂ©dits documentaires CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX DE L’UNION EUROPÉENNE Le Parlement europĂ©en, le Conseil et la Commission proclament solennellement en tant que Charte des droits fondamentaux de l’Union europĂ©enne le texte repris ci-aprĂšs. CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX DE L’UNION EUROPÉENNE Les peuples d’Europe, en Ă©tablissant entre eux une union sans cesse plus Ă©troite, ont dĂ©cidĂ© de partager un avenir pacifique fondĂ© sur des valeurs communes. Consciente de son patrimoine spirituel et moral, l’Union se fonde sur les valeurs indivisibles et universelles de dignitĂ© humaine, de libertĂ©, d’égalitĂ© et de solidaritĂ©; elle repose sur le principe de la dĂ©mocratie et le principe de l’État de droit. Elle place la personne au cƓur de son action en instituant la citoyennetĂ© de l’Union et en crĂ©ant un espace de libertĂ©, de sĂ©curitĂ© et de justice. L’Union contribue Ă  la prĂ©servation et au dĂ©veloppement de ces valeurs communes dans le respect de la diversitĂ© des cultures et des traditions des peuples d’Europe, ainsi que de l’identitĂ© nationale des États membres et de l’organisation de leurs pouvoirs publics aux niveaux national, rĂ©gional et local; elle cherche Ă  promouvoir un dĂ©veloppement Ă©quilibrĂ© et durable et assure la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux, ainsi que la libertĂ© d’établissement. À cette fin, il est nĂ©cessaire, en les rendant plus visibles dans une Charte, de renforcer la protection des droits fondamentaux Ă  la lumiĂšre de l’évolution de la sociĂ©tĂ©, du progrĂšs social et des dĂ©veloppements scientifiques et technologiques. La prĂ©sente Charte rĂ©affirme, dans le respect des compĂ©tences et des tĂąches de l’Union, ainsi que du principe de subsidiaritĂ©, les droits qui rĂ©sultent notamment des traditions constitutionnelles et des obligations internationales communes aux États membres, de la Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertĂ©s fondamentales, des Chartes sociales adoptĂ©es par l’Union et par le Conseil de l’Europe, ainsi que de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union europĂ©enne et de la Cour europĂ©enne des droits de l’Homme. Dans ce contexte, la Charte sera interprĂ©tĂ©e par les juridictions de l’Union et des États membres en prenant dĂ»ment en considĂ©ration les explications Ă©tablies sous l’autoritĂ© du praesidium de la Convention qui a Ă©laborĂ© la Charte et mises Ă  jour sous la responsabilitĂ© du praesidium de la Convention europĂ©enne. La jouissance de ces droits entraĂźne des responsabilitĂ©s et des devoirs tant Ă  l’égard d’autrui qu’à l’égard de la communautĂ© humaine et des gĂ©nĂ©rations futures. En consĂ©quence, l’Union reconnaĂźt les droits, les libertĂ©s et les principes Ă©noncĂ©s ci-aprĂšs. TITRE I DIGNITÉ Article 1 DignitĂ© humaine La dignitĂ© humaine est inviolable. Elle doit ĂȘtre respectĂ©e et protĂ©gĂ©e. Article 2 Droit Ă  la vie 1. Toute personne a droit Ă  la vie. 2. Nul ne peut ĂȘtre condamnĂ© Ă  la peine de mort, ni exĂ©cutĂ©. Article 3 Droit Ă  l’intĂ©gritĂ© de la personne 1. Toute personne a droit Ă  son intĂ©gritĂ© physique et mentale. 2. Dans le cadre de la mĂ©decine et de la biologie, doivent notamment ĂȘtre respectĂ©s a le consentement libre et Ă©clairĂ© de la personne concernĂ©e, selon les modalitĂ©s dĂ©finies par la loi; b l’interdiction des pratiques eugĂ©niques, notamment celles qui ont pour but la sĂ©lection des personnes; c l’interdiction de faire du corps humain et de ses parties, en tant que tels, une source de profit; d l’interdiction du clonage reproductif des ĂȘtres humains. Article 4 Interdiction de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dĂ©gradants Nul ne peut ĂȘtre soumis Ă  la torture, ni Ă  des peines ou traitements inhumains ou dĂ©gradants. Article 5 Interdiction de l’esclavage et du travail forcĂ© 1. Nul ne peut ĂȘtre tenu en esclavage ni en servitude. 2. Nul ne peut ĂȘtre astreint Ă  accomplir un travail forcĂ© ou obligatoire. 3. La traite des ĂȘtres humains est interdite. TITRE II LIBERTÉS Article 6 Droit Ă  la libertĂ© et Ă  la sĂ»retĂ© Toute personne a droit Ă  la libertĂ© et Ă  la sĂ»retĂ©. Article 7 Respect de la vie privĂ©e et familiale Toute personne a droit au respect de sa vie privĂ©e et familiale, de son domicile et de ses communications. Article 8 Protection des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel 1. Toute personne a droit Ă  la protection des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel la concernant. 2. Ces donnĂ©es doivent ĂȘtre traitĂ©es loyalement, Ă  des fins dĂ©terminĂ©es et sur la base du consentement de la personne concernĂ©e ou en vertu d’un autre fondement lĂ©gitime prĂ©vu par la loi. Toute personne a le droit d’accĂ©der aux donnĂ©es collectĂ©es la concernant et d’en obtenir la rectification. 3. Le respect de ces rĂšgles est soumis au contrĂŽle d’une autoritĂ© indĂ©pendante. Article 9 Droit de se marier et droit de fonder une famille Le droit de se marier et le droit de fonder une famille sont garantis selon les lois nationales qui en rĂ©gissent l’exercice. Article 10 LibertĂ© de pensĂ©e, de conscience et de religion 1. Toute personne a droit Ă  la libertĂ© de pensĂ©e, de conscience et de religion. Ce droit implique la libertĂ© de changer de religion ou de conviction, ainsi que la libertĂ© de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privĂ©, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. 2. Le droit Ă  l’objection de conscience est reconnu selon les lois nationales qui en rĂ©gissent l’exercice. Article 11 LibertĂ© d’expression et d’information 1. Toute personne a droit Ă  la libertĂ© d’expression. Ce droit comprend la libertĂ© d’opinion et la libertĂ© de recevoir ou de communiquer des informations ou des idĂ©es sans qu’il puisse y avoir ingĂ©rence d’autoritĂ©s publiques et sans considĂ©ration de frontiĂšres. 2. La libertĂ© des mĂ©dias et leur pluralisme sont respectĂ©s. Article 12 LibertĂ© de rĂ©union et d’association 1. Toute personne a droit Ă  la libertĂ© de rĂ©union pacifique et Ă  la libertĂ© d’association Ă  tous les niveaux, notamment dans les domaines politique, syndical et civique, ce qui implique le droit de toute personne de fonder avec d’autres des syndicats et de s’y affilier pour la dĂ©fense de ses intĂ©rĂȘts. 2. Les partis politiques au niveau de l’Union contribuent Ă  l’expression de la volontĂ© politique des citoyens de l’Union. Article 13 LibertĂ© des arts et des sciences Les arts et la recherche scientifique sont libres. La libertĂ© acadĂ©mique est respectĂ©e. Article 14 Droit Ă  l’éducation 1. Toute personne a droit Ă  l’éducation, ainsi qu’à l’accĂšs Ă  la formation professionnelle et continue. 2. Ce droit comporte la facultĂ© de suivre gratuitement l’enseignement obligatoire. 3. La libertĂ© de crĂ©er des Ă©tablissements d’enseignement dans le respect des principes dĂ©mocratiques, ainsi que le droit des parents d’assurer l’éducation et l’enseignement de leurs enfants conformĂ©ment Ă  leurs convictions religieuses, philosophiques et pĂ©dagogiques, sont respectĂ©s selon les lois nationales qui en rĂ©gissent l’exercice. Article 15 LibertĂ© professionnelle et droit de travailler 1. Toute personne a le droit de travailler et d’exercer une profession librement choisie ou acceptĂ©e. 2. Tout citoyen de l’Union a la libertĂ© de chercher un emploi, de travailler, de s’établir ou de fournir des services dans tout État membre. 3. Les ressortissants des pays tiers qui sont autorisĂ©s Ă  travailler sur le territoire des États membres ont droit Ă  des conditions de travail Ă©quivalentes Ă  celles dont bĂ©nĂ©ficient les citoyens de l’Union. Article 16 LibertĂ© d’entreprise La libertĂ© d’entreprise est reconnue conformĂ©ment au droit de l’Union et aux lĂ©gislations et pratiques nationales. Article 17 Droit de propriĂ©tĂ© 1. Toute personne a le droit de jouir de la propriĂ©tĂ© des biens qu’elle a acquis lĂ©galement, de les utiliser, d’en disposer et de les lĂ©guer. Nul ne peut ĂȘtre privĂ© de sa propriĂ©tĂ©, si ce n’est pour cause d’utilitĂ© publique, dans des cas et conditions prĂ©vus par une loi et moyennant en temps utile une juste indemnitĂ© pour sa perte. L’usage des biens peut ĂȘtre rĂ©glementĂ© par la loi dans la mesure nĂ©cessaire Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. 2. La propriĂ©tĂ© intellectuelle est protĂ©gĂ©e. Article 18 Droit d’asile Le droit d’asile est garanti dans le respect des rĂšgles de la convention de GenĂšve du 28 juillet 1951 et du protocole du 31 janvier 1967 relatifs au statut des rĂ©fugiĂ©s et conformĂ©ment au traitĂ© sur l’Union europĂ©enne et au traitĂ© sur le fonctionnement de l’Union europĂ©enne ci-aprĂšs dĂ©nommĂ©s les traitĂ©s». Article 19 Protection en cas d’éloignement, d’expulsion et d’extradition 1. Les expulsions collectives sont interdites. 2. Nul ne peut ĂȘtre Ă©loignĂ©, expulsĂ© ou extradĂ© vers un État oĂč il existe un risque sĂ©rieux qu’il soit soumis Ă  la peine de mort, Ă  la torture ou Ă  d’autres peines ou traitements inhumains ou dĂ©gradants. TITRE III ÉGALITÉ Article 20 ÉgalitĂ© en droit Toutes les personnes sont Ă©gales en droit. Article 21 Non-discrimination 1. Est interdite toute discrimination fondĂ©e notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractĂ©ristiques gĂ©nĂ©tiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l’appartenance Ă  une minoritĂ© nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l’ñge ou l’orientation sexuelle. 2. Dans le domaine d’application des traitĂ©s et sans prĂ©judice de leurs dispositions particuliĂšres, toute discrimination exercĂ©e en raison de la nationalitĂ© est interdite. Article 22 DiversitĂ© culturelle, religieuse et linguistique L’Union respecte la diversitĂ© culturelle, religieuse et linguistique. Article 23 ÉgalitĂ© entre femmes et hommes L’égalitĂ© entre les femmes et les hommes doit ĂȘtre assurĂ©e dans tous les domaines, y compris en matiĂšre d’emploi, de travail et de rĂ©munĂ©ration. Le principe de l’égalitĂ© n’empĂȘche pas le maintien ou l’adoption de mesures prĂ©voyant des avantages spĂ©cifiques en faveur du sexe sous-reprĂ©sentĂ©. Article 24 Droits de l’enfant 1. Les enfants ont droit Ă  la protection et aux soins nĂ©cessaires Ă  leur bien-ĂȘtre. Ils peuvent exprimer leur opinion librement. Celle-ci est prise en considĂ©ration pour les sujets qui les concernent, en fonction de leur Ăąge et de leur maturitĂ©. 2. Dans tous les actes relatifs aux enfants, qu’ils soient accomplis par des autoritĂ©s publiques ou des institutions privĂ©es, l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de l’enfant doit ĂȘtre une considĂ©ration primordiale. 3. Tout enfant a le droit d’entretenir rĂ©guliĂšrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire Ă  son intĂ©rĂȘt. Article 25 Droits des personnes ĂągĂ©es L’Union reconnaĂźt et respecte le droit des personnes ĂągĂ©es Ă  mener une vie digne et indĂ©pendante et Ă  participer Ă  la vie sociale et culturelle. Article 26 IntĂ©gration des personnes handicapĂ©es L’Union reconnaĂźt et respecte le droit des personnes handicapĂ©es Ă  bĂ©nĂ©ficier de mesures visant Ă  assurer leur autonomie, leur intĂ©gration sociale et professionnelle et leur participation Ă  la vie de la communautĂ©. TITRE IV SOLIDARITÉ Article 27 Droit Ă  l’information et Ă  la consultation des travailleurs au sein de l’entreprise Les travailleurs ou leurs reprĂ©sentants doivent se voir garantir, aux niveaux appropriĂ©s, une information et une consultation en temps utile, dans les cas et conditions prĂ©vus par le droit de l’Union et les lĂ©gislations et pratiques nationales. Article 28 Droit de nĂ©gociation et d’actions collectives Les travailleurs et les employeurs, ou leurs organisations respectives, ont, conformĂ©ment au droit de l’Union et aux lĂ©gislations et pratiques nationales, le droit de nĂ©gocier et de conclure des conventions collectives aux niveaux appropriĂ©s et de recourir, en cas de conflits d’intĂ©rĂȘts, Ă  des actions collectives pour la dĂ©fense de leurs intĂ©rĂȘts, y compris la grĂšve. Article 29 Droit d’accĂšs aux services de placement Toute personne a le droit d’accĂ©der Ă  un service gratuit de placement. Article 30 Protection en cas de licenciement injustifiĂ© Tout travailleur a droit Ă  une protection contre tout licenciement injustifiĂ©, conformĂ©ment au droit de l’Union et aux lĂ©gislations et pratiques nationales. Article 31 Conditions de travail justes et Ă©quitables 1. Tout travailleur a droit Ă  des conditions de travail qui respectent sa santĂ©, sa sĂ©curitĂ© et sa dignitĂ©. 2. Tout travailleur a droit Ă  une limitation de la durĂ©e maximale du travail et Ă  des pĂ©riodes de repos journalier et hebdomadaire, ainsi qu’à une pĂ©riode annuelle de congĂ©s payĂ©s. Article 32 Interdiction du travail des enfants et protection des jeunes au travail Le travail des enfants est interdit. L’ñge minimal d’admission au travail ne peut ĂȘtre infĂ©rieur Ă  l’ñge auquel cesse la pĂ©riode de scolaritĂ© obligatoire, sans prĂ©judice des rĂšgles plus favorables aux jeunes et sauf dĂ©rogations limitĂ©es. Les jeunes admis au travail doivent bĂ©nĂ©ficier de conditions de travail adaptĂ©es Ă  leur Ăąge et ĂȘtre protĂ©gĂ©s contre l’exploitation Ă©conomique ou contre tout travail susceptible de nuire Ă  leur sĂ©curitĂ©, Ă  leur santĂ©, Ă  leur dĂ©veloppement physique, mental, moral ou social ou de compromettre leur Ă©ducation. Article 33 Vie familiale et vie professionnelle 1. La protection de la famille est assurĂ©e sur le plan juridique, Ă©conomique et social. 2. Afin de pouvoir concilier vie familiale et vie professionnelle, toute personne a le droit d’ĂȘtre protĂ©gĂ©e contre tout licenciement pour un motif liĂ© Ă  la maternitĂ©, ainsi que le droit Ă  un congĂ© de maternitĂ© payĂ© et Ă  un congĂ© parental Ă  la suite de la naissance ou de l’adoption d’un enfant. Article 34 SĂ©curitĂ© sociale et aide sociale 1. L’Union reconnaĂźt et respecte le droit d’accĂšs aux prestations de sĂ©curitĂ© sociale et aux services sociaux assurant une protection dans des cas tels que la maternitĂ©, la maladie, les accidents du travail, la dĂ©pendance ou la vieillesse, ainsi qu’en cas de perte d’emploi, selon les rĂšgles Ă©tablies par le droit de l’Union et les lĂ©gislations et pratiques nationales. 2. Toute personne qui rĂ©side et se dĂ©place lĂ©galement Ă  l’intĂ©rieur de l’Union a droit aux prestations de sĂ©curitĂ© sociale et aux avantages sociaux, conformĂ©ment au droit de l’Union et aux lĂ©gislations et pratiques nationales. 3. Afin de lutter contre l’exclusion sociale et la pauvretĂ©, l’Union reconnaĂźt et respecte le droit Ă  une aide sociale et Ă  une aide au logement destinĂ©es Ă  assurer une existence digne Ă  tous ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes, selon les rĂšgles Ă©tablies par le droit de l’Union et les lĂ©gislations et pratiques nationales. Article 35 Protection de la santĂ© Toute personne a le droit d’accĂ©der Ă  la prĂ©vention en matiĂšre de santĂ© et de bĂ©nĂ©ficier de soins mĂ©dicaux dans les conditions Ă©tablies par les lĂ©gislations et pratiques nationales. Un niveau Ă©levĂ© de protection de la santĂ© humaine est assurĂ© dans la dĂ©finition et la mise en Ɠuvre de toutes les politiques et actions de l’Union. Article 36 AccĂšs aux services d’intĂ©rĂȘt Ă©conomique gĂ©nĂ©ral L’Union reconnaĂźt et respecte l’accĂšs aux services d’intĂ©rĂȘt Ă©conomique gĂ©nĂ©ral tel qu’il est prĂ©vu par les lĂ©gislations et pratiques nationales, conformĂ©ment aux traitĂ©s, afin de promouvoir la cohĂ©sion sociale et territoriale de l’Union. Article 37 Protection de l’environnement Un niveau Ă©levĂ© de protection de l’environnement et l’amĂ©lioration de sa qualitĂ© doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©s dans les politiques de l’Union et assurĂ©s conformĂ©ment au principe du dĂ©veloppement durable. Article 38 Protection des consommateurs Un niveau Ă©levĂ© de protection des consommateurs est assurĂ© dans les politiques de l’Union. TITRE V CITOYENNETÉ Article 39 Droit de vote et d’éligibilitĂ© aux Ă©lections au Parlement europĂ©en 1. Tout citoyen de l’Union a le droit de vote et d’éligibilitĂ© aux Ă©lections au Parlement europĂ©en dans l’État membre oĂč il rĂ©side, dans les mĂȘmes conditions que les ressortissants de cet État. 2. Les membres du Parlement europĂ©en sont Ă©lus au suffrage universel direct, libre et secret. Article 40 Droit de vote et d’éligibilitĂ© aux Ă©lections municipales Tout citoyen de l’Union a le droit de vote et d’éligibilitĂ© aux Ă©lections municipales dans l’État membre oĂč il rĂ©side, dans les mĂȘmes conditions que les ressortissants de cet État. Article 41 Droit Ă  une bonne administration 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitĂ©es impartialement, Ă©quitablement et dans un dĂ©lai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l’Union. 2. Ce droit comporte notamment a le droit de toute personne d’ĂȘtre entendue avant qu’une mesure individuelle qui l’affecterait dĂ©favorablement ne soit prise Ă  son encontre; b le droit d’accĂšs de toute personne au dossier qui la concerne, dans le respect des intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes de la confidentialitĂ© et du secret professionnel et des affaires; c l’obligation pour l’administration de motiver ses dĂ©cisions. 3. Toute personne a droit Ă  la rĂ©paration par l’Union des dommages causĂ©s par les institutions, ou par ses agents dans l’exercice de leurs fonctions, conformĂ©ment aux principes gĂ©nĂ©raux communs aux droits des États membres. 4. Toute personne peut s’adresser aux institutions de l’Union dans une des langues des traitĂ©s et doit recevoir une rĂ©ponse dans la mĂȘme langue. Article 42 Droit d’accĂšs aux documents Tout citoyen de l’Union ainsi que toute personne physique ou morale rĂ©sidant ou ayant son siĂšge statutaire dans un État membre a un droit d’accĂšs aux documents des institutions, organes et organismes de l’Union, quel que soit leur support. Article 43 MĂ©diateur europĂ©en Tout citoyen de l’Union ainsi que toute personne physique ou morale rĂ©sidant ou ayant son siĂšge statutaire dans un État membre a le droit de saisir le mĂ©diateur europĂ©en de cas de mauvaise administration dans l’action des institutions, organes ou organismes de l’Union, Ă  l’exclusion de la Cour de justice de l’Union europĂ©enne dans l’exercice de ses fonctions juridictionnelles. Article 44 Droit de pĂ©tition Tout citoyen de l’Union ainsi que toute personne physique ou morale rĂ©sidant ou ayant son siĂšge statutaire dans un État membre a le droit de pĂ©tition devant le Parlement europĂ©en. Article 45 LibertĂ© de circulation et de sĂ©jour 1. Tout citoyen de l’Union a le droit de circuler et de sĂ©journer librement sur le territoire des États membres. 2. La libertĂ© de circulation et de sĂ©jour peut ĂȘtre accordĂ©e, conformĂ©ment aux traitĂ©s, aux ressortissants de pays tiers rĂ©sidant lĂ©galement sur le territoire d’un État membre. Article 46 Protection diplomatique et consulaire Tout citoyen de l’Union bĂ©nĂ©ficie, sur le territoire d’un pays tiers oĂč l’État membre dont il est ressortissant n’est pas reprĂ©sentĂ©, de la protection des autoritĂ©s diplomatiques et consulaires de tout État membre dans les mĂȘmes conditions que les ressortissants de cet État. TITRE VI JUSTICE Article 47 Droit Ă  un recours effectif et Ă  accĂ©der Ă  un tribunal impartial Toute personne dont les droits et libertĂ©s garantis par le droit de l’Union ont Ă©tĂ© violĂ©s a droit Ă  un recours effectif devant un tribunal dans le respect des conditions prĂ©vues au prĂ©sent article. Toute personne a droit Ă  ce que sa cause soit entendue Ă©quitablement, publiquement et dans un dĂ©lai raisonnable par un tribunal indĂ©pendant et impartial, Ă©tabli prĂ©alablement par la loi. Toute personne a la possibilitĂ© de se faire conseiller, dĂ©fendre et reprĂ©senter. Une aide juridictionnelle est accordĂ©e Ă  ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes, dans la mesure oĂč cette aide serait nĂ©cessaire pour assurer l’effectivitĂ© de l’accĂšs Ă  la justice. Article 48 PrĂ©somption d’innocence et droits de la dĂ©fense 1. Tout accusĂ© est prĂ©sumĂ© innocent jusqu’à ce que sa culpabilitĂ© ait Ă©tĂ© lĂ©galement Ă©tablie. 2. Le respect des droits de la dĂ©fense est garanti Ă  tout accusĂ©. Article 49 Principes de lĂ©galitĂ© et de proportionnalitĂ© des dĂ©lits et des peines 1. Nul ne peut ĂȘtre condamnĂ© pour une action ou une omission qui, au moment oĂč elle a Ă©tĂ© commise, ne constituait pas une infraction d’aprĂšs le droit national ou le droit international. De mĂȘme, il n’est infligĂ© aucune peine plus forte que celle qui Ă©tait applicable au moment oĂč l’infraction a Ă©tĂ© commise. Si, postĂ©rieurement Ă  cette infraction, la loi prĂ©voit une peine plus lĂ©gĂšre, celle-ci doit ĂȘtre appliquĂ©e. 2. Le prĂ©sent article ne porte pas atteinte au jugement et Ă  la punition d’une personne coupable d’une action ou d’une omission qui, au moment oĂč elle a Ă©tĂ© commise, Ă©tait criminelle d’aprĂšs les principes gĂ©nĂ©raux reconnus par l’ensemble des nations. 3. L’intensitĂ© des peines ne doit pas ĂȘtre disproportionnĂ©e par rapport Ă  l’infraction. Article 50 Droit Ă  ne pas ĂȘtre jugĂ© ou puni pĂ©nalement deux fois pour une mĂȘme infraction Nul ne peut ĂȘtre poursuivi ou puni pĂ©nalement en raison d’une infraction pour laquelle il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© acquittĂ© ou condamnĂ© dans l’Union par un jugement pĂ©nal dĂ©finitif conformĂ©ment Ă  la loi. TITRE VII DISPOSITIONS GÉNÉRALES RÉGISSANT L’INTERPRÉTATION ET L’APPLICATION DE LA CHARTE Article 51 Champ d’application 1. Les dispositions de la prĂ©sente Charte s’adressent aux institutions, organes et organismes de l’Union dans le respect du principe de subsidiaritĂ©, ainsi qu’aux États membres uniquement lorsqu’ils mettent en Ɠuvre le droit de l’Union. En consĂ©quence, ils respectent les droits, observent les principes et en promeuvent l’application, conformĂ©ment Ă  leurs compĂ©tences respectives et dans le respect des limites des compĂ©tences de l’Union telles qu’elles lui sont confĂ©rĂ©es dans les traitĂ©s. 2. La prĂ©sente Charte n’étend pas le champ d’application du droit de l’Union au-delĂ  des compĂ©tences de l’Union, ni ne crĂ©e aucune compĂ©tence ni aucune tĂąche nouvelles pour l’Union et ne modifie pas les compĂ©tences et tĂąches dĂ©finies dans les traitĂ©s. Article 52 PortĂ©e et interprĂ©tation des droits et des principes 1. Toute limitation de l’exercice des droits et libertĂ©s reconnus par la prĂ©sente Charte doit ĂȘtre prĂ©vue par la loi et respecter le contenu essentiel desdits droits et libertĂ©s. Dans le respect du principe de proportionnalitĂ©, des limitations ne peuvent ĂȘtre apportĂ©es que si elles sont nĂ©cessaires et rĂ©pondent effectivement Ă  des objectifs d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral reconnus par l’Union ou au besoin de protection des droits et libertĂ©s d’autrui. 2. Les droits reconnus par la prĂ©sente Charte qui font l’objet de dispositions dans les traitĂ©s s’exercent dans les conditions et limites dĂ©finies par ceux-ci. 3. Dans la mesure oĂč la prĂ©sente Charte contient des droits correspondant Ă  des droits garantis par la Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertĂ©s fondamentales, leur sens et leur portĂ©e sont les mĂȘmes que ceux que leur confĂšre ladite convention. Cette disposition ne fait pas obstacle Ă  ce que le droit de l’Union accorde une protection plus Ă©tendue. 4. Dans la mesure oĂč la prĂ©sente Charte reconnaĂźt des droits fondamentaux tels qu’ils rĂ©sultent des traditions constitutionnelles communes aux États membres, ces droits doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©s en harmonie avec lesdites traditions. 5. Les dispositions de la prĂ©sente Charte qui contiennent des principes peuvent ĂȘtre mises en Ɠuvre par des actes lĂ©gislatifs et exĂ©cutifs pris par les institutions, organes et organismes de l’Union, et par des actes des États membres lorsqu’ils mettent en Ɠuvre le droit de l’Union, dans l’exercice de leurs compĂ©tences respectives. Leur invocation devant le juge n’est admise que pour l’interprĂ©tation et le contrĂŽle de la lĂ©galitĂ© de tels actes. 6. Les lĂ©gislations et pratiques nationales doivent ĂȘtre pleinement prises en compte comme prĂ©cisĂ© dans la prĂ©sente Charte. 7. Les explications Ă©laborĂ©es en vue de guider l’interprĂ©tation de la prĂ©sente Charte sont dĂ»ment prises en considĂ©ration par les juridictions de l’Union et des États membres. Article 53 Niveau de protection Aucune disposition de la prĂ©sente Charte ne doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme limitant ou portant atteinte aux droits de l’homme et libertĂ©s fondamentales reconnus, dans leur champ d’application respectif, par le droit de l’Union, le droit international et les conventions internationales auxquelles sont parties l’Union, ou tous les États membres, et notamment la Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertĂ©s fondamentales, ainsi que par les constitutions des États membres. Article 54 Interdiction de l’abus de droit Aucune des dispositions de la prĂ©sente Charte ne doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme impliquant un droit quelconque de se livrer Ă  une activitĂ© ou d’accomplir un acte visant Ă  la destruction des droits ou libertĂ©s reconnus dans la prĂ©sente Charte ou Ă  des limitations plus amples des droits et libertĂ©s que celles qui sont prĂ©vues par la prĂ©sente Charte. ° °° Le texte ci-dessus reprend, en l’adaptant, la Charte proclamĂ©e le 7 dĂ©cembre 2000 et la remplacera Ă  compter du jour de l’entrĂ©e en vigueur du traitĂ© de Lisbonne. Intervention lors du Colloque organisĂ© par l’Ordre des avocats au Conseil d’État et Ă  la Cour de cassation et par la SociĂ©tĂ© de lĂ©gislation comparĂ©e Colloque organisĂ© par l’Ordre des avocats au Conseil d’État et Ă  la Cour de cassation et par la SociĂ©tĂ© de lĂ©gislation comparĂ©e PremiĂšre table ronde la Charte, son champ d’application Conseil d’État, jeudi 20 novembre 2014 Intervention de Jean-Marc SauvĂ© [1], vice-prĂ©sident du Conseil d’État Monsieur le prĂ©sident de la Cour de justice de l’Union europĂ©enne, Madame le professeur, Chers collĂšgues, GrĂące Ă  la Charte des droits fondamentaux, incorporĂ©e dans le droit primaire de l’Union europĂ©enne et juridiquement opposable le 1er dĂ©cembre 2009, l’Union est entrĂ©e dans la noble cohorte des ensembles institutionnels dotĂ©s d’une charte de droits »[2]. Comme le relevait ainsi le prĂ©sident Guy Braibant, l’un de ses auteurs, la Charte contribue Ă  l’affermissement au sein de l’Union d’un systĂšme commun de protection des droits fondamentaux, alors que se sont densifiĂ©es et diversifiĂ©es les compĂ©tences dĂ©volues par les États membres aux institutions europĂ©ennes. La Charte apparaĂźt ainsi comme l’aboutissement d’un processus d’intĂ©gration des droits Ă  l’échelle de l’Europe elle fait fond sur ceux dĂ©jĂ  consacrĂ©s ; elle en clarifie le catalogue ; elle en augmente aussi le nombre. Mais ce faisant, la Charte n’a pas entendu opĂ©rer de nouveaux transferts de compĂ©tence tel est l’apparent paradoxe d’un texte qui, sans crĂ©er de nouvelles compĂ©tences matĂ©rielles au bĂ©nĂ©fice de l’Union, augmente pourtant les droits des citoyens et les obligations corrĂ©latives Ă  la charge des institutions europĂ©ennes et des États membres. La dĂ©finition du champ d’application de la Charte est, dĂšs lors, conditionnĂ©e par cette histoire et ce paradoxe et elle commande le rĂšglement des difficultĂ©s que peut soulever l’application concrĂšte de ce texte et qui sont indissociables d’une rĂ©flexion d’ensemble sur l’articulation de la Charte avec les autres standards nationaux et internationaux de la garantie des droits. Je remercie les organisateurs de ce colloque, l’Ordre des avocats au Conseil d’État et Ă  la Cour de cassation et la SociĂ©tĂ© de lĂ©gislation comparĂ©e, d’avoir pris l’initiative d’une telle rĂ©flexion globale. Sont rĂ©unies autour de cette premiĂšre table ronde des personnalitĂ©s Ă©minentes, M. Vassilios Skouris, prĂ©sident de la Cour de justice de l’Union europĂ©enne, et Mme Pascale Deumier, professeure Ă  l’UniversitĂ© de Lyon 3. Avant de leur laisser la parole, je souhaiterais revenir sur l’interprĂ©tation extensive du champ d’application de la Charte, qui a Ă©tĂ© retenue par la Cour de justice, avant de prĂ©ciser les enjeux et les consĂ©quences qu’une telle interprĂ©tation fait naĂźtre. I. Le champ d’application de la Charte, dĂ©fini Ă  son article 51, a Ă©tĂ© interprĂ©tĂ© d’une maniĂšre extensive, afin de garantir, dans le champ d’application du droit de l’Union europĂ©enne, l’unitĂ© et la primautĂ© du systĂšme europĂ©en de protection des droits fondamentaux. A. Les dispositions gĂ©nĂ©rales » de la Charte et, plus prĂ©cisĂ©ment, le premier alinĂ©a de son article 51 dĂ©finissent, selon un double critĂšre organique et matĂ©riel,les conditions d’application de la Charte 2. Avant d’examiner ces deux critĂšres, le cadre gĂ©nĂ©ral d’interprĂ©tation de la Charte peut ĂȘtre retracĂ© 1. 1. Le paragraphe 2 de l’article 51 dispose en effet que la Charte ne crĂ©e aucune compĂ©tence, ni aucune tĂąche nouvelles pour la CommunautĂ© et pour l’Union, et ne modifie pas les compĂ©tences et les tĂąches dĂ©finies par les traitĂ©s. » Le second alinĂ©a du paragraphe 1 de l’article 6 du TraitĂ© sur l’Union europĂ©enne rĂ©itĂšre ce cadre gĂ©nĂ©ral d’application et d’interprĂ©tation Les dispositions de la Charte n’étendent en aucune maniĂšre les compĂ©tences de l’Union telles que dĂ©finies dans les traitĂ©s ». En effet, si la Charte appartient pleinement au droit primaire de l’Union, elle ne prend pas position sur le champ des compĂ©tences matĂ©rielles attribuĂ©es Ă  l’Union, et rĂšgle seulement la maniĂšre dont celles-ci doivent ĂȘtre exercĂ©es. DĂšs lors, son champ d’application ne saurait excĂ©der le domaine rĂ©gi par le droit de l’Union europĂ©enne, tel qu’il a Ă©tĂ© fixĂ© par les autres traitĂ©s de droit primaire. Comme elle l’a elle-mĂȘme rappelĂ©, la Cour [de justice de l’Union europĂ©enne] est appelĂ©e Ă  interprĂ©ter, Ă  la lumiĂšre de la Charte, le droit de l’Union dans les limites des compĂ©tences attribuĂ©es Ă  celle-ci »[3] et lorsqu’une situation juridique ne relĂšve pas du champ d’application du droit de l’Union, la Cour [ne se reconnaĂźt pas] compĂ©tente pour en connaĂźtre »[4]. Il en rĂ©sulte que les droits garantis par la Charte ne s’appliquent Ă  une situation que par le soutien d’une disposition-tutrice relevant d’un autre pan du droit de l’Union europĂ©enne. Le raisonnement que commande l’article 51 se dĂ©compose en deux temps il s’agit d’abord de dĂ©terminer si le droit invoquĂ© par le requĂ©rant appartient ou non au catalogue des droits directement invocables de la Charte, puis de vĂ©rifier si la situation litigieuse est rĂ©gie, directement ou indirectement, par une disposition du droit de l’Union autre que celles de la Charte. Comme l’a soulignĂ© nettement la Cour, les dispositions Ă©ventuellement invoquĂ©es de la Charte ne sauraient, Ă  elles seules, fonder [sa] compĂ©tence »[5]. Ce double degrĂ© d’opĂ©rance d’un moyen tirĂ© la mĂ©connaissance de la Charte est cependant d’un maniement parfois dĂ©licat. 2. Le paragraphe 1 de l’article 51 pose en effet un double critĂšre, organique et matĂ©riel, pour dĂ©terminer l’applicabilitĂ© de la Charte. Cette derniĂšre s’adresse en effet tant aux institutions, organes et organismes de l’Union » qu’aux États membres et Ă  leurs autoritĂ©s nationales et locales. Dans le premier cas, le critĂšre organique se suffit Ă  lui-mĂȘme la Charte s’adresse aux organes de l’Union dans le champ des compĂ©tences qui leur sont attribuĂ©es dans le respect du principe de subsidiaritĂ© ». Dans le second cas, le critĂšre organique est nĂ©cessaire, mais non suffisant la Charte s’adresse aux États membres uniquement lorsqu’ils mettent en Ɠuvre le droit de l’Union ». Cette formulation, comme l’indiquent les explications de la Convention chargĂ©e de l’élaboration de la Charte, a Ă©tĂ© empruntĂ©e Ă  la jurisprudence de la Cour de Justice relative au champ d’application des principes gĂ©nĂ©raux du droit de l’Union, notamment Ă  un arrĂȘt du 13 avril 2000, Karlsson[6] les exigences dĂ©coulant de la protection des droits fondamentaux dans l’ordre juridique communautaire lient 
 les États membres lorsqu’ils mettent en Ɠuvre des rĂ©glementations communautaires ». Une telle formulation a Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rĂ©e, non sans hĂ©sitation comme en a tĂ©moignĂ© le prĂ©sident Guy Braibant[7], Ă  d’autres en apparence plus larges, comme celles-ci dans le cadre du droit communautaire »[8] ou dans le champ d’application du droit communautaire »[9]. Le paragraphe 1 de l’article 51 vise, en premier lieu, les situations rĂ©gies par des actes de droit interne, prĂ©cisant les conditions d’application directe d’un rĂšglement ou transposant les dispositions d’une directive de l’Union. Dans ce dernier cas, la seule circonstance que les États membres disposent d’une marge d’apprĂ©ciation, plus ou moins Ă©tendue, pour procĂ©der Ă  la transposition d’une directive europĂ©enne, ne permet pas d’écarter l’application de la Charte. C’est ce qu’a rappelĂ© le Conseil d’État[10], lorsqu’a Ă©tĂ© invoquĂ©e devant lui la mĂ©connaissance de l’article 41 de la Charte par la loi du 16 juin 2011 relative Ă  l’immigration, Ă  l’intĂ©gration et Ă  la nationalitĂ©, adoptĂ©e pour la transposition de la directive dite retour »[11]. En deuxiĂšme lieu, l’article 51, tel qu’interprĂ©tĂ© par la Cour de justice, vise les situations rĂ©gies par des actes de droit interne qui, sans transposer une directive de l’Union, entrent dans son champ d’application. Ainsi, par exemple, une rĂ©glementation nationale relative au calcul du prĂ©avis de licenciement doit ĂȘtre tenue pour un acte de mise en Ɠuvre du droit de l’Union, dĂšs l’expiration du dĂ©lai de transposition de la directive 2000/78[12] qui rĂ©git les conditions de licenciement, alors mĂȘme que celle-ci n’avait pas Ă©tĂ© transposĂ©e par l’État en cause Ă  la date Ă  laquelle a statuĂ© la Cour[13]. L’applicabilitĂ© de la Charte dĂ©pend ainsi d’une analyse non finaliste de la portĂ©e des actes de droit interne qu’ils visent ou non la transposition d’une directive ou l’application d’un rĂšglement, qu’ils y procĂšdent correctement ou imparfaitement, la seule circonstance qu’ils interviennent dans le champ couvert par le droit de l’Union suffit Ă  ce que la Charte leur soit applicable. En troisiĂšme lieu, l’article 51, tel qu’interprĂ©tĂ© par la Cour, vise les situations rĂ©gies par un acte de droit interne par lequel un État membre dĂ©cide de dĂ©roger au droit de l’Union. Ainsi, lorsqu’un État traite une demande d’asile, alors qu’il n’est pas l’ État responsable » de son examen au sens du paragraphe 1 de l’article 3 du rĂšglement Dublin II »[14], il dĂ©roge aux rĂšgles du systĂšme europĂ©en commun de l’asile prĂ©voyant un mĂ©canisme de transfert. Mais il doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme mettant en Ɠuvre le droit de l’Union[15], dĂšs lors que cette dĂ©rogation et le pouvoir d’apprĂ©ciation dont disposent les États membres pour l’utiliser sont rĂ©gis par ce rĂšglement. Ainsi entendu, le champ d’application de la Charte couvre le domaine que le droit matĂ©riel de l’Union rĂ©git, mais aussi celui qu’il entend ne pas rĂ©gir[16], quel que soit le degrĂ© d’autonomie procĂ©durale qui est reconnu aux États membres. B. Cette conception fonctionnelle du champ d’application de la Charte a Ă©tĂ© pleinement consacrĂ©e et mĂȘme Ă©tendue par l’arrĂȘt du 26 fĂ©vrier 2013, Akerberg Fransson. Si le droit invoquĂ© de n’ĂȘtre pas puni pĂ©nalement deux fois pour des mĂȘmes faits, dit principe non bis in idem, est protĂ©gĂ© par l’article 50 de la Charte, la question s’est posĂ©e de savoir si les sanctions infligĂ©es devaient ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme une mise en Ɠuvre du droit de l’Union » au sens de l’article 51, avant mĂȘme de se prononcer sur leur caractĂšre effectivement pĂ©nal. La question Ă©tait d’autant plus dĂ©licate que la lĂ©gislation pĂ©nale en cause – la Skattebrottslagen – ne visait pas Ă  sanctionner exclusivement une mĂ©connaissance des obligations dĂ©claratives en matiĂšre de TVA. Comme l’a relevĂ© l’avocat gĂ©nĂ©ral P. Cruz VillalĂłn dans ses conclusions, cette lĂ©gislation existe en droit suĂ©dois tout Ă  fait indĂ©pendamment de la perception de la TVA », de sorte que la prĂ©sente affaire de sanction 
 apparaĂźt comme une simple occasio »[17], c’est-Ă -dire un cas d’application contingente de cette lĂ©gislation. Selon son avis, il serait disproportionnĂ© de tirer de cette occasio une raison de modifier la rĂ©partition de la responsabilitĂ© de garantir les droits fondamentaux entre l’Union et les États. 
 En dĂ©finitive, il semble risquĂ© d’affirmer 
 que le lĂ©gislateur [europĂ©en] avait anticipĂ© un transfert des États vers l’Union de toutes les garanties constitutionnelles entourant l’exercice du pouvoir de sanction des États en matiĂšre de perception de la TVA »[18]. CohĂ©rente avec sa jurisprudence antĂ©rieure, la Cour n’a pas suivi ce raisonnement[19]. Selon la Cour, le fait que les rĂ©glementations nationales qui servent de fondement aux sanctions fiscales et aux poursuites pĂ©nales litigieuses n’aient pas Ă©tĂ© adoptĂ©es pour transposer la directive du 28 novembre 2006 relative au systĂšme commun de TVA[20] ne saurait ĂȘtre de nature Ă  remettre en cause l’application de la Charte. En effet, ces pĂ©nalitĂ©s tend[ent] Ă  sanctionner une violation 
 de ladite directive et vise[nt] donc Ă  mettre en Ɠuvre l’obligation imposĂ©e par le traitĂ© aux États membres de sanctionner de maniĂšre effective les comportements attentatoires aux intĂ©rĂȘts financiers de l’Union »[21]. Poussant jusqu’à son terme son analyse fonctionnelle ou non finaliste, la Cour explicite un mode d’emploi gĂ©nĂ©ral les droits fondamentaux garantis par la Charte [doivent] 
 ĂȘtre respectĂ©s lorsqu’une rĂ©glementation nationale entre dans le champ d’application du droit de l’Union »[22]. Cette formulation plus large permet, d’une part, d’harmoniser le champ d’application de la Charte avec celui des principes gĂ©nĂ©raux du droit, sous certaines rĂ©serves cependant[23], et, d’autre part, de ne pas moduler le degrĂ© de protection des droits fondamentaux selon le degrĂ© d’autonomie reconnu aux États membres. Comme l’a relevĂ© la doctrine en France, ConsidĂ©rer 
 l’article 51 § 1er de la Charte comme une invitation Ă  reconsidĂ©rer de maniĂšre gĂ©nĂ©rale l’applicabilitĂ© des droits fondamentaux de l’Union Ă  l’action des États membres eĂ»t conduit Ă  ce que le jour oĂč l’Union s’est dotĂ©e d’une dĂ©claration des droits, elle signĂąt paradoxalement un recul de leur protection »[24]. Au terme de cette Ă©volution jurisprudentielle, le champ d’application de la Charte s’est simplifiĂ© en s’étendant. Il se rĂ©sume dĂ©sormais en cette phrase L’applicabilitĂ© du droit de l’Union implique celle des droits fondamentaux garantis par la Charte »[25]. Pour autant, cette formule simple et claire ne saurait dissimuler les difficultĂ©s nouvelles que soulĂšve son application concurrente avec d’autres instruments de protection des droits fondamentaux. II. L’interprĂ©tation extensive du champ d’application de la Charte est appelĂ©e Ă  garantir une meilleure protection des droits fondamentaux en Europe, dans le respect des principes de primautĂ© et d’effectivitĂ© du droit de l’Union, mais aussi des autres systĂšmes internationaux et des traditions nationales, surtout lorsqu’elles revĂȘtent une valeur constitutionnelle. A. La premiĂšre condition d’une rĂ©ception fructueuse de la Charte tient dans la poursuite d’un dialogue confiant et soutenu entre juridictions nationales et europĂ©ennes, et dans le refus d’une posture de dĂ©fiance Ă  l’égard de la Cour de justice et, d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, Ă  l’encontre de l’unitĂ© et de la primautĂ© du droit de l’Union europĂ©enne. La Charte, comme en avaient conscience ses rĂ©dacteurs, tĂ©moigne en effet d’une transformation de l’essence mĂȘme de l’Europe »[26], mĂȘme si elle ne crĂ©e pas de nouvelles compĂ©tences d’un ensemble de communautĂ©s Ă©conomiques, elle est devenue une union aux compĂ©tences Ă©largies, au sein de laquelle sont partagĂ©es les mĂȘmes valeurs et garantis des standards communs de protection des droits fondamentaux. Cette transformation requiert Ă  l’évidence une homogĂ©nĂ©isation, mĂȘme minimale, d’un socle de droits Ă  l’échelle continentale, socle Ă  prĂ©server de forces potentiellement centrifuges. Dans le domaine des droits fondamentaux, tels que ceux protĂ©gĂ©s par la Charte, des clauses d’ opt out » n’ont en principe pas lieu d’ĂȘtre. Comme l’a jugĂ© la Cour de justice[27], le protocole n°30 annexĂ© au traitĂ© de Lisbonne n’a pas pour objet d’exonĂ©rer la RĂ©publique de Pologne, ni le Royaume-Uni, de l’obligation de respecter les dispositions de la Charte, ni d’empĂȘcher les juridictions nationales de veiller Ă  leur respect. Cette interprĂ©tation est aussi celle de l’England and Wales High Court of Justice dans sa dĂ©cision[28] v. Secretary of State for the Home Department du 7 novembre 2013, mĂȘme si des rĂ©ticences politiques ont pu se manifester au sujet de cette convergence[29]. Une telle convergence sur le principe mĂȘme de l’application de la Charte ne saurait naturellement suffire. Elle doit aussi ĂȘtre recherchĂ©e dans la dĂ©finition du degrĂ© d’amplitude reconnu Ă  son application, qui ne peut ĂȘtre que large. L’interprĂ©tation fonctionnelle de la notion de mise en Ɠuvre du droit de l’Union », au sens de l’article 51, ne saurait conduire, comme l’imposent les traitĂ©s et comme le relĂšve la Cour de justice, Ă  un Ă©largissement des compĂ©tences de l’Union subreptice, non concertĂ© et non consenti par les États membres. La Cour constitutionnelle fĂ©dĂ©rale allemande a soulignĂ© avec force l’existence de ce risque dans son arrĂȘt du 24 avril 2013 Antiterrordatei[30], le Bundesverfassungsgericht Ă©carte toute interprĂ©tation de l’arrĂȘt Akerberg Fransson qui conduirait Ă  ce que celle-ci doive ĂȘtre considĂ©rĂ©e manifestement comme un acte ultra vires ou Ă  ce qu’elle porte atteinte Ă  la protection et au respect des droits fondamentaux garantis par un État membre ». Et la Cour allemande d’ajouter la dĂ©cision en question ne saurait ĂȘtre interprĂ©tĂ©e ou appliquĂ©e dans un sens qui conduirait Ă  ce que tout rapport matĂ©riel d’une rĂ©glementation avec le champ d’application abstrait de l’Union 
 suffiraient pour que les États membres se trouvent liĂ©s par [la Charte] ». Comme l’a relevĂ© la doctrine, la Cour allemande a sans doute voulu par cette dĂ©cision tracer des lignes rouges’ »[31] et se prĂ©munir contre tout risque de dĂ©construction des garanties nationales par une atteinte au principe de subsidiaritĂ©[32]. Ces craintes doivent naturellement ĂȘtre entendues, mais rien dans la jurisprudence de la Cour de justice ne laisse penser que ce type de risque ou de dĂ©rive soit en cours de rĂ©alisation ou soit mĂȘme envisageable. Dans sa dĂ©cision Akerberg Fransson, la Cour de justice a rappelĂ© avec force que lorsqu’une situation juridique ne relĂšve pas du champ d’application du droit de l’Union, la Cour n’est pas compĂ©tente pour en connaĂźtre »[33]. Dans le respect des traitĂ©s, la dĂ©cision Akerberg Fransson rĂ©alise un double gain de simplicitĂ© et de cohĂ©rence simplicitĂ© d’un critĂšre qui fait se superposer le champ d’application du droit de l’Union et le champ d’application de la Charte ; cohĂ©rence d’un critĂšre qui fait coĂŻncider[34] le champ d’application des principes gĂ©nĂ©raux du droit de l’Union avec les droits consacrĂ©s par la Charte, les seconds Ă©tant en grande partie une reprise des premiers. B. Les prochaines annĂ©es seront l’occasion se prĂ©ciser au cas par cas les consĂ©quences de cette interprĂ©tation fonctionnelle de la notion de mise en Ɠuvre du droit de l’Union ». La dĂ©cision Akerberg Franssona en effet engagĂ© un processus complexe de rĂ©-articulation des systĂšmes nationaux et europĂ©ens de protection des droits fondamentaux. En s’étendant, le champ d’application de la Charte vient rencontrer le domaine de la convention europĂ©enne des droits de l’Homme mais aussi celui des protections nationales, en particulier constitutionnelles. Je n’insisterai pas sur ces points qui feront l’objet de la deuxiĂšme table ronde de ce colloque. Dans le premier cas, la Charte prĂ©voit elle-mĂȘme un mode d’emploi en son article 52 paragraphe 3. Je me bornerai Ă  relever que, par sa dĂ©cision Akerberg Fransson, la Cour de justice a dĂ©veloppĂ© une conception autonome », pour reprendre le terme du prĂ©sident Skouris[35], d’un principe consacrĂ© Ă  la fois par la Charte et la Convention europĂ©enne des droits de l’Homme. S’agissant des cas de chevauchement des domaines de la Charte et des constitutions nationales, la dĂ©cision Melloni a posĂ© les jalons d’une co-application de ces droits rien n’interdit l’application de standards nationaux, dĂšs lors, d’une part, que ceux-ci ne compromettent pas le niveau de protection offert par la Charte, telle qu’interprĂ©tĂ©e par la Cour de justice, et, d’autre part, qu’ils ne portent pas atteinte aux principes de primautĂ©, d’unitĂ© et d’effectivitĂ© du droit de l’Union[36]. Cette situation de co-application, que l’arrĂȘt Akerberg Fransson a rendu possible, est naturellement complexe et dĂ©licate, dĂšs lors que toutes les dispositions de la Charte n’ont pas en droit interne valeur constitutionnelle et que, mĂȘme dans ce cas, les marges de manƓuvre des États ne sont pas toujours aisĂ©es Ă  dĂ©terminer[37]. Sans doute devront-elles ĂȘtre fixĂ©es de telle sorte que les garanties europĂ©ennes puissent, selon le cas, prĂ©valoir sur les garanties nationales ou s’appliquer de maniĂšre cumulative avec elles, sans provoquer de choc inutile avec les identitĂ©s constitutionnelles nationales ou dĂ©clencher un contrĂŽle national de type Solange » pouvant thĂ©oriquement conduire au rejet des garanties europĂ©ennes au nom des garanties nationales. Vous le voyez, si le champ d’application de la Charte est dĂ©sormais clarifiĂ©, les questions que soulĂšve sa dĂ©finition extensive appellent encore des prĂ©cisions. Il ne fait toutefois pas de doute que, dans leur application de la Charte, les juridictions nationales s’appuieront sur les lignes jurisprudentielles tracĂ©es par la Cour de justice dans le respect des compĂ©tences qui lui sont dĂ©volues par les traitĂ©s et dans un esprit de coopĂ©ration loyale. [1]Texte Ă©crit en collaboration avec StĂ©phane Eustache, conseiller de tribunal administratif et de cour administrative d’appel, chargĂ© de mission auprĂšs du vice-prĂ©sident du Conseil d’État. [2]Guy Braibant, La Charte des droits fondamentaux de l’Union europĂ©enne, tĂ©moignage et commentaires de Guy Braibant, Ă©d. Le Seuil, coll. Point Essai, 2001, p. 17. [3]Voir, not. CJUE 15 novembre 2011, Murat Dereci et autres, C-256/11, § 71. [4] CJUE 26 fĂ©vrier 2013, Akerberg Fransson, C-617/10, § 22. [5] CJUE 26 fĂ©vrier 2013, Akerberg Fransson, C-617/10, § 22 ; voir, pour une application par le Conseil d’État CE 4 juillet 2012, ConfĂ©dĂ©ration française pour la promotion sociale des aveugles et des amblyopes, n°341533, §5. [6] CJCE 13 avril 2000, Kjell Karlsson, C-292/97, §37. [7] Guy Braibant, La Charte des droits fondamentaux de l’Union europĂ©enne, tĂ©moignage et commentaires de Guy Braibant, Ă©d. Le Seuil, coll. Point Essai, 2001, p. 251. [8]CJCE 13 juillet 1989, Hubert Wachauf, C-5/88, §17 ; nb le mĂȘme arrĂȘt utilise aussi la formulation de l’arrĂȘt Karlsson Ces exigences [Ă  savoir la protection des droits fondamentaux dans l’ordre juridique communautaire] liant Ă©galement les États membres lorsqu’ils mettent en Ɠuvre des rĂ©glementations communautaires, il s’ensuit que ceux-ci sont tenus, dans toute la mesure du possible, d’appliquer ces rĂ©glementations dans des conditions qui ne mĂ©connaissent pas lesdites exigences », § 19. [9] CJCE 18 juin 1991, Elliniki Radiophonia Tileorassi Anonimi Etairia ERT AE, C-260/89, §42. [10]CE 4 juin 2014, M. Halifa, n°370515, §4-5. [11]Directive 2008/115/CE du Parlement europĂ©en et du Conseil du 16 dĂ©cembre 2008 relative aux normes et procĂ©dures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en sĂ©jour irrĂ©gulier. [12]Directive 2000/78/CE du Conseil du 27 novembre 2000 portant crĂ©ation d’un cadre gĂ©nĂ©ral en faveur de l’égalitĂ© de traitement en matiĂšre d’emploi et de travail. [13] CJUE 19 janvier 2010, Seda KĂŒcĂŒkdeveci, C-555/07, § 24-25. [14] RĂšglement CE n° 343/2003 du Conseil du 18 fĂ©vrier 2003 Ă©tablissant les critĂšres et mĂ©canismes de dĂ©termination de l’État membre responsable de l’examen d’une demande d’asile prĂ©sentĂ©e dans l’un des États membres par un ressortissant d’un pays tiers. [15] CJUE 21 dĂ©cembre 2011, C-411/10 § 64 Ă  68. [16] Voir, sur ce point, K. Lenaerts, The EU Charter of fundamental rights scope of application and methods of interprÉtation », in De Rome Ă  Lisbonne, les juridictions de l’Union europĂ©enne Ă  la croisĂ©e des chemins, MĂ©langes en l’honneur de P. Mengozzi, p. 112 It follows from that as long as a Member State enjoys a discretionary power the exercise of which must comply with other provisions of EU law, that Member State is implementing EU law ». Accordingly, the exercise of that power must be compatible with the Charter ». [17]Conclusion de l’avocat gĂ©nĂ©ral P. Cruz VillalĂłn, § 61-62. [18] Conclusion de l’avocat gĂ©nĂ©ral P. Cruz VillalĂłn, § 63. [19] Les Gouvernements suĂ©dois, tchĂšque, danois, irlandais et nĂ©erlandais, mais aussi la Commission europĂ©enne estimaient que les questions prĂ©judicielles posĂ©es Ă  la Cour de justice Ă©taient irrecevables, dĂšs lors que ni les sanctions fiscales, ni les sanctions pĂ©nales litigieuses ne mettaient en Ɠuvre le droit de l’Union europĂ©enne. Voir §16 de l’arrĂȘt. [20] Directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 relative au systĂšme commun de taxe sur la valeur ajoutĂ©e. [21]CJUE 26 fĂ©vrier 2013, Akerberg Fransson, C-617/10, § 28. [22] CJUE 26 fĂ©vrier 2013, Akerberg Fransson, C-617/10, § 21. [23] Comme l’a jugĂ© la Cour de justice de l’Union europĂ©enne, le champ d’application de l’art. 41 de la Charte, intitulĂ© Droit Ă  une bonne administration », est autonome et plus restreint que celui des autres articles de la Charte Ainsi que la Cour l’a rappelĂ© au point 67 de l’arrĂȘt YS C‑141/12 et C‑372/12, EUC20142081, il rĂ©sulte clairement du libellĂ© de l’article 41 de la Charte que celui-ci s’adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l’Union voir, en ce sens, arrĂȘt Cicala, C‑482/10, EUC2011868, point 28. Partant, le demandeur d’un titre de sĂ©jour ne saurait tirer de l’article 41, paragraphe 2, sous a, de la Charte un droit d’ĂȘtre entendu dans toute procĂ©dure relative Ă  sa demande. ». Il en rĂ©sulte que le champ d’application de l’art. 41 ne coĂŻncide pas intĂ©gralement avec celui des principes gĂ©nĂ©raux du droit de l’Union europĂ©enne en l’espĂšce, le droit d’ĂȘtre entendu n’a pu ĂȘtre invoquĂ© par le requĂ©rant qu’en tant que partie intĂ©grante du respect des droits de la dĂ©fense, principe gĂ©nĂ©ral du droit de l’Union », voir CJUE 5 novembre 2014, Sophie Mukarubega, C-166/13, § 44-45 rĂ©ponse Ă  une question prĂ©judicielle introduite par le tribunal administratif de Melun par une dĂ©cision du 8 mars 2013 ; voir Ă©galement, les conclusions contraires de l’avocat gĂ©nĂ©ral M. Wathelet sur cette affaire, § 56 Il ne me paraĂźtrait pas cohĂ©rent ni conforme Ă  la jurisprudence de la Cour que le libellĂ© de l’article 41 de la Charte puisse ainsi introduire une exception Ă  la rĂšgle prescrite par l’article 51 de celle-ci, qui permettrait aux États membres de ne pas appliquer un article de la Charte, mĂȘme lorsqu’ils mettent en Ɠuvre le droit de l’Union. Aussi, je marque ma nette prĂ©fĂ©rence pour l’applicabilitĂ© de l’article 41 de la Charte aux États membres lorsqu’ils mettent en Ɠuvre le droit de l’Union, mais de toute façon, comme le relĂšve le gouvernement français, le droit d’ĂȘtre entendu constitue, conformĂ©ment Ă  une jurisprudence constante, un principe gĂ©nĂ©ral du droit de l’Union qui relĂšve non seulement du droit Ă  une bonne administration, consacrĂ© Ă  l’article 41 de la Charte, mais aussi du respect des droits de la dĂ©fense et du droit Ă  un procĂšs Ă©quitable garantis aux articles 47 et 48 de la Charte». Le respect de ce droit s’impose donc Ă  ce titre au moins aux autoritĂ©s de chacun des États membres lorsqu’elles adoptent des dĂ©cisions entrant dans le champ d’application du droit de l’Union». ». [24] D. Ritleng, De l’articulation des systĂšmes de protection des droits fondamentaux dans l’Union, les enseignements des arrĂȘts Akerberg Fransson et Melloni », RTD Eur., 2013, p. 267. [25]CJUE 26 fĂ©vrier 2013, Akerberg Fransson, C-617/10, § 21. [26] Guy Braibant, La Charte des droits fondamentaux de l’Union europĂ©enne, tĂ©moignage et commentaires de Guy Braibant, Ă©d. Le Seuil, coll. Point Essai, 2001, p. 17. [27]CJUE 21 dĂ©cembre 2011, C-411/10, § 120. [28] [2013] EWHC 3453 Admin, case no CO/11191/2010 comme le souligne le juge Mostyn, “The Human Rights Act 1998 incorporated into our domestic law large parts, but by no means all, of the European Convention on Human Rights. Some parts were deliberately missed out by Parliament. The Charter of Fundamental Rights of the European Union contains, I believe, all of those missing parts and a great deal more. Notwithstanding the endeavours of our political representatives at Lisbon it would seem that the much wider Charter of Rights is now part of our domestic law. Moreover, that much wider Charter of Rights would remain part of our domestic law even if the Human Rights Act were repealed”, § 14. [29] R. Clayton QC et Murphy, “The emergence of the EU Charter of Fundamental Rights in UK law », European Human Rights Law Review, 2014. Voir, sur ce point, le rapport de la Commission de contrĂŽle des affaires europĂ©ennes de la Chambre des Communes du Royaume-Uni, intituĂ© The Application of the EU Charter of Fundamental Rights in the UK A State of Confusion ». [30]BVerfGE 1 BVR 1215/07, § 91 Der EuropĂ€ische Gerichtshof ist danach fĂŒr die aufgeworfenen – ausschließlich die deutschen Grundrechte betreffenden – Fragen nicht gesetzlicher Richter im Sinne des Art. 101 Abs. 1 GG. Nichts anderes kann sich aus der Entscheidung des EuGH in der Rechtssache Åkerberg Fransson EuGH, Urteil vom 26. Februar 2013, C-617/10 ergeben. Im Sinne eines kooperativen Miteinanders zwischen dem Bundesverfassungsgericht und dem EuropĂ€ischen Gerichtshof vgl. BVerfGE 126, 286 darf dieser Entscheidung keine Lesart unterlegt werden, nach der diese offensichtlich als Ultra-vires-Akt zu beurteilen wĂ€re oder Schutz und Durchsetzung der mitgliedstaatlichen Grundrechte in einer Weise gefĂ€hrdete Art. 23 Abs. 1 Satz 1 GG, dass dies die IdentitĂ€t der durch das Grundgesetz errichteten Verfassungsordnung in Frage stellte vgl. BVerfGE 89, 155 ; 123, 267 ; 125, 260 ; 126, 286 ; 129, 78 . Insofern darf die Entscheidung nicht in einer Weise verstanden und angewendet werden, nach der fĂŒr eine Bindung der Mitgliedstaaten durch die in der Grundrechtecharta niedergelegten Grundrechte der EuropĂ€ischen Union jeder sachliche Bezug einer Regelung zum bloß abstrakten Anwendungsbereich des Unionsrecht oder rein tatsĂ€chliche Auswirkungen auf dieses ausreiche. Vielmehr fĂŒhrt der EuropĂ€ische Gerichtshof auch in dieser Entscheidung ausdrĂŒcklich aus, dass die EuropĂ€ischen Grundrechte der Charta nur in „unionsrechtlich geregelten Fallgestaltungen, aber nicht außerhalb derselben Anwendung finden“ EuGH, Urteil vom 26. Februar 2013, C-617/10, Rn. 19. [31] O. Joop, La Cour constitutionnelle fĂ©dĂ©rale allemande raisonne sur la question prĂ©judicielle et encadre la portĂ©e de la Charte des droits fondamentaux de l’Union europĂ©enne », RTD Eur., 2014, p. 228. [32]C. Safferling, Der EuGH, die Grundrechtecharta und nationales Recht Die FĂ€lle Åkerberg Fransson et Melloni », Neue Zeitschift fĂŒr Strafrecht, 2014, p. 545. [33] CJUE 26 fĂ©vrier 2013, Akerberg Fransson, C-617/10, § 22. [34]Sous rĂ©serve de l’exception mentionnĂ©e ci-dessus note 23. [35]V. Skouris, DĂ©veloppements rĂ©cents de la protection des droits fondamentaux dans l’Union europĂ©enne les arrĂȘts Melloni et Akerberg Fransson », Dir. Un. Eur., fasc. 2, 2013, p. 229. [36] CJUE 26 fĂ©vrier 2013, Stefano Melloni, C-399/11, § 55-64. [37]En France, l’article 88-2 de la Constitution dispose La loi fixe les rĂšgles relatives au mandat d’arrĂȘt europĂ©en en application des actes pris par les institutions de l’Union europĂ©enne. » Par sa dĂ©cision n°2013-314 P, QPC, du 4 avril 2013, Jeremy F., le Conseil constitutionnel a posĂ©, pour la premiĂšre fois, une question prĂ©judicielle Ă  la Cour de justice afin de dĂ©terminer si les articles 27 et 28 de la dĂ©cision-cadre n° 2002/584/JAI du Conseil, du 13 juin 2002, relative au mandat d’arrĂȘt europĂ©en et aux procĂ©dures de remise entre États membres, doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©s en ce sens qu’ils s’opposent Ă  ce que les États membres prĂ©voient un recours suspendant l’exĂ©cution de la dĂ©cision de l’autoritĂ© judiciaire qui statue, dans un dĂ©lai de trente jours Ă  compter de la rĂ©ception de la demande, soit afin de donner son consentement pour qu’une personne soit poursuivie, condamnĂ©e ou dĂ©tenue en vue de l’exĂ©cution d’une peine ou d’une mesure de sĂ»retĂ© privatives de libertĂ©, pour une infraction commise avant sa remise en exĂ©cution d’un mandat d’arrĂȘt europĂ©en, autre que celle qui a motivĂ© sa remise, soit pour la remise d’une personne Ă  un État membre autre que l’État membre d’exĂ©cution, en vertu d’un mandat d’arrĂȘt europĂ©en Ă©mis pour une infraction commise avant sa remise. Par un arrĂȘt du 30 mai 2013, Jeremy F., C-168/13 PPU, la Cour de justice a jugĂ© que cette dĂ©cision-cadre ne s’oppose pas Ă  ce que les États membres prĂ©voient un recours suspendant l’exĂ©cution de la dĂ©cision de l’autoritĂ© judiciaire qui statue, dans un dĂ©lai de trente jours Ă  compter de la rĂ©ception de la demande, afin de donner son consentement soit pour l’extension des effets du mandat Ă  d’autres infractions, soit pour l’autorisation de la remise de la personne Ă  un État tiers. La Cour a seulement jugĂ© que la dĂ©cision dĂ©finitive doit ĂȘtre adoptĂ©e dans les dĂ©lais visĂ©s Ă  l’article 17 de la dĂ©cision-cadre, c’est-Ă -dire au plus tard dans les 90 jours. Par sa dĂ©cision n°2013-314, QPC, du 14 juin 2013, Jeremy F., le Conseil constitutionnel a pu en dĂ©duire qu’en prĂ©voyant que la dĂ©cision de la chambre de l’instruction est rendue sans recours », le quatriĂšme alinĂ©a de l’article 695-46 du CPP ne dĂ©coule pas nĂ©cessairement des actes pris par les institutions de l’Union europĂ©enne relatifs au mandat d’arrĂȘt europĂ©en, et que, par suite, il lui appartenait, saisi sur le fondement de l’article 61-1 de la Constitution, de contrĂŽler la conformitĂ© de cette disposition aux droits et libertĂ©s que la Constitution garantit.

article 52 de la charte des droits fondamentaux